
La nouvelle Commission européenne devrait faire bien mieux qu’en 2014 côté parité. Reste à changer la politique.
Ce n’est pas encore définitif mais la nouvelle composition de la Commission européenne présentée ce mardi 10 septembre par la première femme présidente de cette institution, Ursula von der Leyen, compte 12 femmes et 14 hommes. Peut-être un nouveau pas vers la banalisation de la parité dans les instances européennes (Voir Union européenne : parité au sommet et dans les critiques)
La Commission sortante composée en 2014, comptait 9 femmes et 19 hommes malgré l’appel à la parité de l’ancien président Jean-Claude Juncker (voir : Parité : le coup de gueule de Juncker) mis sous pression par l’initiative 50/50 (Voir : Nouvel appel pour une Commission européenne paritaire). Les batailles des militant.e.s de la parité ont donc été longues mais pas vaines.
Côté français, en 2014, François Hollande ne s’était pas précipité pour proposer la candidature d’une femme. Il avait préféré son ancien ministre de l’Economie Pierre Moscovici. Cette fois-ci, le président Macron a reçu le message : c’est Sylvie Goulard qui est désignée par la France. L’ex ministre des Armées, et ancienne eurodéputée et sous-gouverneure de la Banque de France avait d’ailleurs signé une tribune pour la parité en 2014.
Et ces femmes ne feront pas de la figuration promet Ursula Von Der Leyen. Dans l’hebdomadaire allemand der Spiegel, elle l’affirme : « nous allons avoir quelques fortes personnalités féminines dans la prochaine commission, qui occuperont des portefeuilles importants à caractère économique. »
Les nominations seront définitives lorsque le Parlement européen aura auditionné tous les candidats entre le 30 septembre et le 8 octobre. Puis le vote d’investiture du nouvel exécutif bruxellois aura lieu le 22 octobre, pendant la session plénière à Strasbourg.
Deux des femmes proposées pour la Commission européenne pourraient faire l’objet de discussions. Sylvie Goulard n’en a pas fini avec l’affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés du Modem, qui lui a fait perdre son poste de ministre en France. Le dossier est clos du côté des services administratifs du Parlement européen mais la justice française et l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) continuent d’enquêter. Candidate désignée par la Roumanie, Rovana Plumb, de son côté est accusée d’avoir rédigé une décision gouvernementale au profit d’une compagnie amie de Liviu Dragnea, ex-leader de la gauche, incarcéré depuis mai.
Si cette presque parité est bienvenue, il reste encore aux institutions européennes à adopter des politiques qui permettent l’égalité à tous les niveaux en Europe. Et les derniers épisodes autour du congé parental et congé de paternité ont montré que la France notamment se tenait debout sur les freins quand des politiques féministes coûtent un peu d’argent. (voir : Congé parental : une directive européenne a minima)
Les 26 candidats commissaires : Autriche: Johannes Hahn – Belgique: Didier Reynders – Bulgarie: Mariya Gabriel – Croatie: Dubravka Suica – Chypre: Stella Kyriakides – République tchèque: Vera Jourova – Danemark: Margrethe Vestager – Espagne: Josep Borrel – Estonie: Kadri Simson – Finlande: Jutta Urpilainen – France: Sylvie Goulard – Grèce: Margaritis Schinas – Hongrie: Laszlo Trocsanyi – Irlande: Phil Hogan – Italie: Paolo Gentiloni – Lettonie: Valdis Dombrovskis – Lituanie: Virginijus Sinkievicius – Luxembourg: Nicolas Schmit – Malte: Helena Dalli – Pays-Bas: Frans Timmermans – Pologne: Janusz Wojciechowski – Portugal: Elisa Ferreira – Roumanie: Rovana Plumb – Slovaquie: Maros Sefcovic – Slovénie: Janez Lenarcic – Suède : Ylva Johansson.