Dans son « one feminist show » elle invente l’actualité en « matriarcate ». Un miroir inversé à l’humour féroce, qui rend limpide la domination masculine.
Deux jours après l’élection du président de la République, Typhaine D enflammait la scène du mythique Café de la Gare à Paris avec un spectacle inédit, un « one feminist show » écrivant l’actualité politique comme si l’élection faisait entrer la France dans une nouvelle « quinquenate en matriarcate. » Une pure fiction grinçante et pédagogique.
Typhaine D, autrice, comédienne, metteuse en scène, écrit tous ses spectacles à « la féminine universelle », elle met des « e » partout et l’oreille s’y habitue.
Ses spectacles s’intitulent « Pérille Mortelle » en référence au ridicule « cri d’alarme » de l’Académie française qui voyait, en 2017, dans la contestation de la règle « le masculin l’emporte » un « péril mortel » (lire : LE « PÉRIL MORTEL » QUI AFFOLE LES IMMORTEL·LE·S)
Chez Typhaine D, « la féminine l’emporte sur la masculine » et le monde phallocrate est gommé par les clitocrates. Les hommes doivent se plier à de douloureuses chirurgies esthétiques pour que leurs pénis entrent dans les canons de beauté définis par les femmes, les garçons sont éduqués pour prendre en charge les tâches ménagères, et les femmes rivalisent d’astuces faciles et d’abus de pouvoir pour ne jamais mettre en place l’égalité salariale.
Quand la show woman raconte l’histoire de la 5ème République à la féminine universelle, les jeux de mots sur les noms féminisés de grands hommes plongent la salle dans la perplexité puis dans un éclat de rire savoureux.
Rien n’est épargné aux hommes imbus de suffisance antiféministe. Dans le jeu de miroir des arguments ridicules pour mépriser l’autre sexe, elle décrète qu’un homme ne peut être président de la République, il faut que ce soit une femme. Pourquoi ? parce que « président, ça fait penser à un camembert. ». Son discours de présidente victorieuse empruntant quelques éléments à celui d’Emmanuel Macron fait hurler de rire le Café de la Gare.
Et la show woman chante – fort bien !- : elle retourne « Femme des années 80 de Michel Sardou mais aussi, pour coller à l’actualité, écrit à sa façon « Aux champs Elysées » de Joe Dassin.
Outre ses spectacles, Typhaine D écrit et met en scène les Contes à rebours, qui commencent par « elle était une fois… » et donne des rôles actifs et positifs aux filles. En 2018, elle a reçu le prix Gisèle Halimi, dans le cadre du concours d’éloquence organisé par la Fondation des femmes.
On attend avec impatience un nouveau one féministe show pour les élections législatives avant de retrouver l’artiste à la rentrée au Café de la Gare. En attendant, elle est présente sur Facebook, Youtube, Instagram…