Les gouvernements sont très loin des objectifs de développement durable de l’ONU en matière de lutte contre la violence conjugale. Un fléau pour la santé des femmes, des coûts sociaux et financiers pour les Etats.
« Dans le monde, 27 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ayant déjà vécu en couple ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie, dont 13 % au cours de l’année précédant l’enquête. Cette violence commence tôt : 24% des femmes âgées de 15 à 19 ans et 26% des femmes âgées de 19 à 24 ans ayant déjà subi cette violence au moins une fois depuis l’âge de 15 ans. » Ces chiffres, publiés le 17 février dans la revue The Lancet ont été obtenus à partir de la compilation de nombreuses études (366) provenant principalement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) entre 2000 et 2018. Les réponses de 2 millions de femmes de 161 pays ont pu être ainsi collectées. Et la situation ne s’est sans doute pas arrangée depuis 2018, avec la pandémie qui a, selon plusieurs études, accru la précarité, la pauvreté des femmes et la violence qu’elles subissent.
L’étude note que les politiques des pays étudiés ne les placent pas du tout sur la trajectoire des objectifs de développement durable (ODD) inscrits à l’Agenda mondial pour le développement d’ici à 2030. L’un de ces objectifs étant d’ « Éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles »
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La violence conjugale étudiée ici « désigne des comportements physiquement, sexuellement et psychologiquement préjudiciables dans le contexte du mariage, de la cohabitation ou de toute autre forme d’union. Cette violence peut avoir des impacts majeurs à court et à long terme sur la santé physique et mentale de la victime, entraînant des coûts sociaux et économiques importants pour les gouvernements, les communautés et les individus. »
Toutes les régions du monde ne sont pas affectées par ce fléau de la même façon. Les violences conjugales sont plus élevées en Océanie (49 %) et en Afrique centrale subsaharienne (44 %). Les régions présentant les taux les plus faibles sont l’Asie centrale (18%) et l’Europe centrale (16%).
« Ces résultats confirment que la violence conjugale à l’égard des femmes reste un problème de santé publique mondial. Les gouvernements ne sont pas en mesure d’atteindre les objectifs d’éradication de la violence à l’égard des femmes d’ici 2030 » écrivent les auteur.es du rapport qui appellent à investir de toute urgence dans des interventions multisectorielles efficaces et à renforcer la réponse de santé publique »