Parce que certaines offres d’emploi sont bien plus vues par les hommes que par les femmes, trois associations ont saisi la Défenseure des droits et la CNIL pour « discrimination sexiste ».
94% des personnes qui ont vu une offre d’emploi pour le poste d’auxiliaire petite enfance étaient des femmes. Secrétaire ? 92%. En revanche, pilote de ligne ou responsable d’une structure informatique sont des postes proposés très majoritairement à des hommes (respectivement 85% et 68%).
C’est ce qu’ont constaté trois associations, la Fondation des Femmes, l’association Femmes Ingénieures et l’ONG Global Witness, lorsqu’elles ont procédé à un test grandeur nature en publiant sur Facebook cinq publicités pour différentes offres d’emploi, à deux reprises, en prenant bien soin de donner un contenu neutre à leurs annonces.
Ces trois associations ont alors décidé de saisir la Défenseure des droits et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) de deux plaintes relatives à la discrimination sexiste opérée par les algorithmes de Facebook.
La Défenseure des Droits a été saisie parce que « lors de la publication d’offres d’emploi sur Facebook, l’algorithme du réseau social opère a postériori une discrimination sexiste et stéréotypée dans les personnes cibles. »
Pour mettre toutes les chances de leur côté afin de faire reculer ces discriminations, les forces juridiques des associations ont également saisi la CNIL « pour l’infraction potentielle avec le règlement général sur la protection des données (RGPD) car ce texte exige que le traitement des données soit loyal, ce qui n’est pas le cas d’un traitement des données discriminant. »
Les associations rappellent que ces discriminations sont « d’autant plus grave que le recrutement sur les réseaux sociaux comme Facebook est une pratique normalisée. Aujourd’hui, 53% des PME déclarent utiliser le recrutement en ligne et 82% des demandeurs d’emploi cherchent à se faire recruter via les réseaux sociaux (selon une étude réalisée par RégionsJob) ».
Elles soulignent aussi que : « Les algorithmes de Facebook perpétuent des stéréotypes sexistes qui enferment femmes et hommes dans des représentations genrées : pour les femmes, les métiers du “soin” à la personne, pour les hommes, les postes de “responsables”. Alors que 70 % des femmes exercent des métiers « féminisés » et 64% des hommes exercent des métiers « masculinisés » selon une étude du Ministère du travail de 2021 – il est urgent d’œuvrer pour la mixité des métiers pour plus d’égalité professionnelle et économique entre les hommes et les femmes. »
L’histoire de la lutte contre les biais sexistes des algorithmes commence à être longue.
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