Une tirade d’Alain Finkielkraut sur France-Inter, un lapsus de Zemmour, une interview d’Alice Coffin par Natacha Polony la veille… Et la culture patriarcale se diffuse tranquillement.
« Si une femme mariée attend un enfant, que le mari veut le garder mais elle non, elle a le dernier mot : ça, ça veut dire que le patriarcat n’existe plus » voici ce que pouvaient entendre les auditrices et auditeurs de France Inter, en se réveillant ce mercredi matin. Celui qui assène cela est Alain Finkielkraut, le philosophe qui a son rond de serviette sur cette antenne comme dans beaucoup de chaînes de radios et de télévisions. « L’ordre patriarcal est derrière nous » affirme-t-il. Et de revenir sur ses marottes antiféministes comme l’écriture inclusive ou les inégalités salariales qui s’expliqueraient seulement par les choix de carrière des femmes selon lui. Mais il l’affirme -avec une petite gène- « je pense que le féminisme est une bénédiction »… et fait comprendre que c’est avant tout pour la libération sexuelle des femmes dont profitent les hommes. Puis il parle de sa sexualité, ce que personne ne lui demande : « j’ai un palmarès érotique à peu près correct. » Et quand une auditrice reproche à France-Inter de donner beaucoup trop la parole à ceux qui tiennent ces discours conservateurs, il part dans une diatribe incompréhensible se concluant par « la démocratie elle-même est porteuse de tendances totalitaires. » Faut-il comprendre que, diffuser principalement sur les ondes une culture patriarcale, est totalitaire ?
Au même moment, sur RMC BFMTV Eric Zemmour, auteur d’un essai misogyne intitulé « Le premier sexe » en 2008, était davantage interrogé sur ses propos racistes, sa possible candidature à la présidence de la république ou son éviction de CNews. Le polémiste n’en finit pas de déverser sa « pensée » sur les ondes : ces derniers jours il s’est trouvé à des heures de grande écoute sur C8, France 2, CNews ou RTL. Il ne parle pas de féminisme cette fois, trop focalisé sur l’immigration, mais il s’est bien assez exprimé sur le sujet dans le passé. Cependant, il s’est livré à un lapsus « Ma femme ne travaillait pas… heu, ma mère », lapsus qu’il qualifie lui-même d’intéressant… Pas besoin d’en dire plus, son discours misogyne a déjà largement été diffusé sur les ondes.
La veille, face à Natacha Polony sur le plateau de BFM TV, Alice Coffin se voyait reprocher une enième fois de détester les hommes. Parce qu’elle affirme que ne pas avoir de mari vous expose moins aux violences misogynes. Elle a beau défendre l’aspect mathématique, statistique du propos et rappeler que « la domination masculine est un système » rien n’y fait. Comme beaucoup de femmes journalistes, Natacha Polony a adopté le point de vue qui domine sur les ondes. N’en déplaise à Alain Finkielkraut, c’est bien une culture patriarcale qui se propage depuis ces radios.
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