Malgré quelques avancées, l’image des femmes managers est moins bonne que celle des hommes. Elles subissent des attaques sexistes. Comme s’il fallait les dissuader de déranger l’entre-soi masculin aux postes de pouvoir.
22% des actifs préfèrent travailler sous la direction d’un homme indique une enquête récente. C’est, en moyenne, moins qu’il y a 37 ans. A l’époque 46% des actifs préféraient un homme. Mais en 2024 la jeune génération redonne de la vigueur à ce sexisme. 34% des moins de 35 ans et en particulier les jeunes hommes affirment préférer travailler sous les ordres d’un homme. C’est le point le plus inquiétant d’une étude réalisée par l’IFOP pour Hostinger qui parle de progrès et de sexisme persistant.
Mauvaise réputation
Ces chiffres montrent que les clichés sur les femmes managers ont la peau dure. En 2014, l’association « Lean in » fondée par Sheryl Sandberg, alors numéro 2 de Facebook, lançait une campagne intitulée « bann bossy » pour en finir avec la mauvaise réputation qui colle aux femmes managers. Dans les pays anglo-saxons, elles sont réputées « bossy » c’est-à-dire « autoritaires » avec une connotation très négative.
En France elles passent pour des « peaux de vaches », des « mecs ratés »… La campagne de Lean In appelait à cesser de construire des réputations épouvantables aux femmes managers. Le message n’est pas complètement passé en France… et n’a manifestement pas été reçu par les plus jeunes. (Lire : Ni « bossy » ni « bitch » les femmes de pouvoir)
Dissuader les femmes
Cette mauvaise image faite aux femmes managers est du même tonneau que celle faite aux femmes qui conduisent. L’expression « femme au volant mort au tournant » fait croire que les femmes sont dangereuses alors qu’elles le sont infiniment moins que les hommes (lire : Conduisez comme une femme… pour rester en vie)
Dès qu’une femme transgresse les stéréotypes de sexe, elle s’expose à de violentes critiques. Conduire, manager sont encore des activités perçues comme réservées aux hommes. Si les femmes s’en emparent, elles dérangent l’ordre établi et sont la cible d’attaques. Et la mauvaise réputation faite aux femmes de pouvoir est efficace pour dissuader d’autres femmes de les suivre. Elles comprennent qu’il n’y a que des coups à prendre…
Discriminations
L’enquête de l’IFOP montre que les femmes managers se sentent discriminées. Si 37% des femmes, contre 26% des hommes, se sentent discriminées sur leur lieu de travail, cette perception est encore plus prononcée chez les femmes managers : 50% d’entre elles sont concernées. Ce sentiment est plus fort encore dans les milieux traditionnellement préemptés par les hommes : 56% des femmes managers dans l’industrie se sentent discriminées.
Sexisme
Bien sûr, les remarques sexistes vont bon train. 53% personnes interrogées ont déjà entendu des remarques sexistes visant une femme manager. Plus d’un quart des personnes interrogées ont entendu des insinuations selon lesquelles une femme aurait obtenu son poste grâce à des faveurs sexuelles.
Et les remarques sur le physique et les compétences des femmes sont fréquentes. Un tiers des répondant.es en entend…
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