Le meurtre d’une femme par son ex-conjoint, en Italie, est qualifié de « crime passionnel ». Encore un cas d’immunité amoureuse. C’est aussi l’occasion de noter que le meurtre conjugal tue bien plus de femmes en France qu’en Italie.
« Bannissons le ‘crime passionnel’ de nos colonnes, comme l’a fait la justice du code pénal. Les termes ‘meurtre conjugal’ ou ‘meurtre par partenaire intime’ (qui incluent l’amant, ou le prétendant éconduit) reflètent mieux la réalité », soulignait le collectif ‘Prenons la une’ le 25 novembre.
Dans le même temps, l’association ‘Osez le féminisme’ lançait une campagne sur le même thème, en appelant les médias, entre autres, à reconnaître la notion de « féminicide » (Voir : Féminicide, dans le texte). Les médias italiens, notamment, emploient fréquemment le terme de femminicidio, et ne parlent pas de « crime passionnel », qui crée une forme d’immunité amoureuse.
C’est encore le cas pour un crime très médiatisé ce 1er décembre : Cosimo Pagnani, un homme de 32 ans, a été arrêté pour le meurtre son ex-compagne, Maria D’Antonio, 34 ans, tuée de plusieurs coups de couteau. Mais quand de nombreux médias italiens utilisent le terme de femminicidio. LeMonde.fr évoque encore un « crime passionnel »,
Le meurtre semble d’autant moins « passionnel » que ce qui rend l’affaire si médiatisée, c’est un message posté sur la page Facebook de Cosimo Pagnani : « Tu es morte, salope ! ». Et que 300 personnes ont cliqué pour dire « J’aime » à ce message. L’expertise doit encore déterminer si l’homme en est bien l’auteur, et s’il a écrit ce message après ou avant le meurtre. Dans le dernier cas, cela lui vaudrait d’être accusé de préméditation.
« A l’instar de Maria D’Antonio, elles sont des dizaines à perdre la vie sous les coups d’un conjoint ou d’un ex-conjoint : 179 pour l’année 2013 », écrit par ailleurs le correspondant du Monde à Rome. Un chiffre erroné : 179, c’est le nombre total de féminicides, meurtres de femmes en 2013 en Italie (92% étant victimes d’un homme). Elles sont 122 à avoir été tuées dans un contexte familial ou affectif, dont 81 par un conjoint ou ex-conjoint. C’est en fait bien moins qu’en France, où 125 femmes en 2013 ont été victimes de meurtre conjugal.
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L’immunité amoureuse dans la presse