Elles consultent moins, sont moins informées… Une nouvelle étude montre que la santé des femmes passe après celle des hommes et des enfants.
Elles ne manqueraient pour rien au monde un rendez-vous médical pour un proche mais pour elles-mêmes c’est automédication et visite chez le médecin uniquement si elles se sentent « vraiment » malades. C’est ce qui ressort d’un sondage Elabe pour AXA Prévention, réalisé auprès de 1.324 femmes et 1.181 hommes interrogés au printemps dernier. Quatre femmes sur cinq disent négliger leur santé, contre 75 % des hommes. 77 % disent repousser le moment de consulter et 70 % affirment ne se rendre chez le médecin que lorsqu’elles n’ont plus du tout le choix. Seulement 38% d’entre elles font des bilans de santé périodiques et 1 femme sur 2 effectue un suivi gynécologique régulier. 71 % d’entre elles assurent ne jamais manquer un rendez-vous médical pour un proche. 57 % se disent entièrement responsables du suivi et du bilan régulier de la santé de leurs enfants contre 3 % des hommes. Les femmes comptent pour 85 % des cheffes de familles monoparentales et plus d’1/3 d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté. « Et pour celles-ci, leur santé passe le plus souvent au second plan. » dit l’étude.
Ces nouveaux chiffres confirment des études plus anciennes (lire par exemple : LE GENRE AU SECOURS DE LA SANTÉ)
Elabe insiste sur un point : les femmes sont particulièrement vulnérables aux maladies cardiaques davantage perçues comme des « maladies d’hommes ». Ces maladies tuent chaque jour 200 femmes mais 42 % des femmes interrogées ne surveillent jamais leur cœur. « Pour les maladies cardio-vasculaires, les femmes sont souvent moins vite diagnostiquées que les hommes en raison de symptômes méconnus. Et pourtant, il s’agit de la 1ère cause de mortalité pour elles. » déplore encore une fois la Professeure Claire Mounier-Véhier, Cardiologue, Cofondatrice d’Agir pour le Cœur des Femmes.
Les signes de l’infarctus féminins sont méconnus par près de 8 femmes sur 10 alors. La cardiologue le rappelle : « Les douleurs dans la poitrine ou dans l’épaule – typiques chez un homme – ne touchent qu’une femme victime d’un infarctus sur deux. L’autre moitié présente des symptômes atypiques, souvent difficiles à identifier, d’où parfois les errances diagnostiques, telles que suées, nausées, vomissements, troubles digestifs, essoufflement, difficultés à respirer avec sensation d’oppression dans la poitrine, grande fatigue soudaine et persistante. Mais la bonne nouvelle, c’est que ces maladies, imputables au mode de vie sont évitables dans huit cas sur dix grâce à l’activité physique, une alimentation équilibrée, l’arrêt du tabac, une bonne gestion du stress et la surveillance de la tension artérielle. » explique-t-elle.
AXA Prévention annonce qu’il s’engage aux côtés d’Agir pour le Cœur des Femmes en soutenant financièrement l’organisation de la prévention : rendez-vous d’information et de dépistage, mise à disposition de tensiomètre homologué… Une première campagne d’information et de dépistage « Les Bus du Cœur » a démarré le 29 septembre 2021. Ces bus « se rendront dans les quartiers défavorisés de grandes villes en France à la rencontre des femmes en situation de précarité sanitaire et sociale afin de les insérer dans un parcours de soins cardio-gynécologique » L’objectif est de « sauver la vie de plus de 10 000 femmes sur 5 ans »
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