Malala Yousafzai, la jeune pakistanaise qui milite pour la scolarisation, s’adressera à l’ONU le 12 juillet, jour de ses 16 ans.
Dans le monde, 57 millions d’enfants n’ont pas accès à l’éducation ; 120 millions de jeunes entre 15 et 24 ans, dont une majorité de femmes, ne savent ni lire ni écrire. Pour lutter contre ce fléau, Malala Yousafzai interviendra vendredi 12 juillet au siège de l’ONU à New York. A l’occasion du seizième anniversaire de la jeune fille, devenue symbole de la lutte pour l’éducation, ce jour a été déclaré « Malala Day » – quoi qu’un « Jour de Malala » ait déjà été fixé pour le 10 novembre.
(Voir : Autour de Malala, mobilisation pour l’éducation)
Ce sera pour Malala Yousafzai la première prise de parole officielle depuis l’agression par un taliban qui a failli lui coûter la vie, en octobre 2012 au Pakistan, et qui a fait d’elle un symbole (Voir : Déterminées, livres à la main, contre les armes et l’obscurantisme).
Ce 12 juillet elle s’exprimera devant des centaines d’enfants et adolescents venus de plus de 80 pays et remettra une pétition au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.
« Les extrémistes ont montré ce qui leur faisait le plus peur : une fille avec un livre »
La jeune militante y demande aux chefs d’Etat de la planète de « s’engager à financer l’embauche d’enseignants, la construction d’écoles et l’achat de livres dont nous avons besoin – et à mettre un terme au travail des enfants, aux trafics et aux mariages précoces – afin qu’en décembre 2015 nous atteignions l’Objectif du Millénaire pour le Développement », qui prévoit de donner « à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens de terminer un cycle complet d’études primaires ».
Dans le texte de la pétition, Malala Yousafzai évoque les 14 étudiantes tuées dans un attentat suicide au Pakistan, le 15 juin dernier, en revenant de l’université. Elle avait alors qualifié l’attaque, revendiquée par une filiale d’Al-Qaïda, de « tentative lâche et désespérée de nier le droit à l’éducation des filles ».
« Dans bien trop d’endroits, les étudiantes comme Malala et leurs professeurs sont menacés, agressés et même tués » a déclaré Ban Ki-Moon. « A travers ces actions de haine, les extrémistes ont montré ce qui leur faisait le plus peur : une fille avec un livre. »