
Nouvelle initiative pour rendre les femmes de lettres plus visibles, #JeLaLis vous invite à promouvoir des autrices.
C’est une initiative comme seul Internet peut en permettre. Pour donner de la visibilité aux femmes de lettres qui en ont bien besoin, « le défi #JeLaLis incite chacun et chacune à s’engager pendant un an pour la visibilité d’une femme de lettres francophone avec le plus d’inventivité possible ». Il suffit de s’inscrire sur le site jelalis.ledeuxiemetexte.fr pour participer. Et, en décembre, trois prix seront attribués : #JeLaLis-impact, #JeLaLis-originalité et #JeLaLis-équipe.
Trop longtemps, les ouvrages devaient passer sous les fourches caudines d’instances de consécration très masculines pour trouver leur public. Ces instances accordant beaucoup d’importance au sexe des auteurs, nombre de femmes ont dû adopter des patronymes d’hommes pour que les éditeurs, les journaux et enfin les lectrices et lecteurs accèdent à leurs œuvres, de George Sand à J. K. Rowling (l’autrice de Harry Potter qui a laissé planer le doute sur son prénom avant d’être connue).
Ces instances de consécration n’en ont pas vraiment fini avec les biais sexistes qui leur font préférer les œuvres d’hommes. La place des femmes dans les derniers prix littéraires reste très maigre. Depuis le doublé féminin de 2016 avec le prix Goncourt pour Leïla Slimani et le Renaudot à Yasmina Reza, les hommes restent très majoritaires, tant parmi les nominés que parmi les lauréats… Et parmi les membres des jurys.
Il a fallu attendre 2017 pour qu’une œuvre signée par une femme entre au programme obligatoire des classes de Terminale littéraire. C’est une enseignante, Françoise Cahen, qui avait bousculé les mentalités avec un billet poli (mais ferme et argumenté) malgré son titre : Les couilles du bac littéraire. La ministre de l’Education de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem avait fait le nécessaire pour que les élèves voient que la littérature est aussi l’œuvre de femmes brillantes.
Même Wikipedia, l’encyclopédie collaborative d’internet, ne parvient pas à rendre les femmes visibles puisque moins de 20 % des biographies qu’on peut y lire sont consacrées à des femmes. En octobre dernier le collectif «Les sans pagEs» se réunissait à Paris pour réduire les inégalités. Cette fois-ci, #JeLaLis fait appel à tou.te.s sur Internet pour sortir de l’ombre les talents restés invisibles avec les vieux médias.
Le défi #JeLaLis est proposé par l’association Le deuxième texte en partenariat avec les éditions des femmes – Antoinette Fouque, le Festival International des Ecrits de Femmes, Le Salon Des Dames, la Société Internationale pour l’Etude des Femmes de l’Ancien Régime (SIEFAR), Talents Hauts, le projet de recherche VisiAutrices et HF Île-de-France.