Sur 17 ministres, dans le nouveau gouvernement dirigé par Pedro Sánchez, elles sont 11 femmes. Dont la numéro 2 et ministre de l’Égalité, Carmen Calvo.
Ce n’est, certes, qu’un gouvernement de transition, qui repose sur une majorité fragile. Mais l’équipe formée mercredi 6 juin par le nouveau Premier ministre espagnol Pedro Sánchez peut déjà revendiquer un caractère exceptionnel : jamais, dans le monde, un gouvernement n’a été aussi féminisé.
Elles sont 11 femmes sur 17 ministres, soit 64,7%. Le record était jusque là détenu par le gouvernement finlandais, en 2007, avec 12 femmes sur 19 ministres (63,1%). C’est ce que remarque dans le journal El Pais la professeure de sciences politiques Sílvia Claveria.
Non seulement elles sont nombreuses, mais elles occupent des ministères importants. Comme Teresa Ribera, ministre de la Transition écologique, Nadia Calviño à l’Economie, Dolores Delgado ministre de la Justice ou Margarita Robles à la Défense.
Sans compter que la ministre de l’Égalité, Carmen Calvo (elle avait été ministre de la Culture entre 2004 et 2007), occupe aussi la fonction de vice-présidente du gouvernement.
Cette importance inédite donnée à la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes s’entend comme une réponse à la mobilisation « historique » du 8 mars. Des millions de femmes s’étaient mises en grève pour l’égalité salariale et contre les violences machistes.
Voir : En Espagne, mobilisation sans précédent pour le 8 mars
Et avec la composition inédite de ce gouvernement, une question de langage inclusif a commencé à se poser en Espagne. Contrairement au français, le mot ministre a un genre en espagnol : les hommes sont ministros et les femmes ministras. Jusque là, le conseil des ministres a toujours été évoqué au masculin : Consejo de Ministros. Mais puisque les femmes y sont majoritaires, plusieurs voix ont proposé de le renommer Consejo de Ministras. Un quotidien national, La Razon, en fait même sa une ce jeudi 4 juin.