Venu à Aurillac pour condamner l’attaque du tribunal, le ministre de la Justice a tenu des propos dénoncés par des sociétés de journalistes…
« Je constate que parmi les journalistes femmes qui m’ont interrogé, personne n’était devant moi les seins nus, hein. » La réflexion goguenarde du ministre de la Justice n’est pas passée. Les sociétés des journalistes (SDJ) de plusieurs médias, dont BFMTV et TF1, ont « condamné » mardi 29 août des déclarations « inappropriées » et « sexistes ». Et cette réaction de journalistes face au sexisme est assez nouvelle.
La scène s’est déroulée lors d’un déplacement du garde des Sceaux venu lundi à Aurillac (Cantal) pour condamner les lourdes dégradations commises au tribunal pendant que se déroulait une manifestation dans les rues le samedi précédent. Une manifestation de femmes seins nus soutenant Marina, poursuivie pour « exhibition sexuelle ».
Mercredi 23 août, Marina s’était promenée torse nu dans la ville et avait refusé de se couvrir lors d’un contrôle de police. Elle était alors visée par une ordonnance pénale pour exhibition sexuelle. Et avait expliqué à la presse locale avoir eu « hyper chaud » et avoir voulu faire « comme la moitié des hommes » torses nus.
En réaction, samedi, alors que le Festival international de Théâtre de Rue se tenait à Aurillac, une manifestation avec de nombreuses femmes seins nus se réunissait aux cris de « Aurillac topless, la police en PLS », manifestation qualifiée de « bon enfant » et filmée par un journaliste de « la Montagne » sur X (ex-Twitter)
Mais à côté de cette manifestation, des individus, le plus souvent masqués, se sont attaqués au tribunal. Ils ont décroché et mis le feu à des drapeaux français, pénétré dans le bâtiment pour dégrader la salle des pas perdus et ont « déclenché un début d’incendie rapidement circonscrit », selon un communiqué de la préfecture. Des individus qui n’avaient « rien à voir avec la manifestation féministe », a déclaré maire de la ville Pierre Mathonier auprès de France Bleu Pays d’Auvergne après avoir appelé au calme.
Quand le ministre de la Justice s’est rendu sur les lieux pour condamner « avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations commises au tribunal d’Aurillac. », il a répondu à quelques journalistes et, après extinction des caméras et micros, il a eu cette phrase déplacée qui lui a valu la réprobation des SDJ. Son entourage dénonce des propos sortis de leur contexte. Mais FranceInfo qui a trouvé un enregistrement raconte ainsi le contexte : « …Puis les micros et les caméras s’éteignent. Trois journalistes femmes qui s’étaient accroupies pour ne pas être dans le champ des caméras, se relèvent et d’après des témoins sur place, le ministre leur fait un clin d’œil puis leur lance ses propos : « Je constate que, parmi les journalistes femmes qui m’ont interrogé, personne n’était devant moi les seins nus. Il ne faisait pas assez chaud. » »
Cette sortie a valu au ministre de nombreuses critiques comme celle du premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure : « Qu’il gère sa libido ailleurs qu’au gouvernement »,
Le ministre de la Justice, qui affirme souvent défendre les droits des femmes, n’en est pas à sa première réflexion qui ne sent pas bon le respect des femmes (voir ci-dessous)
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