
Siège de Google à Mountain View, Californie. Par Robbie Shade sur Flickr (CC BY 2.0)
Accusé par le gouvernement américain de discrimination salariale à l’encontre des femmes, Google se défend avec vigueur. Mais doit aussi composer avec un fonds d’investissement éthique qui réclame la transparence.
Bras de fer en vue entre Google et le Labor Department. Mardi 11 avril, le géant de la Silicon Valley a rejeté les accusations de discrimination salariale portées par le ministère du Travail américain.
Quatre jours plus tôt, The Guardian rapportait les incriminations de responsables de l’OFCCP, branche du Labor Department qui a ouvert une enquête en janvier dernier pour obtenir des données transparentes sur les salaires au sein de la compagnie. Même si l’enquête n’est pas encore bouclée, ces responsables évoquent des inégalités de rémunérations « systémiques » au détriment des femmes employées chez Google, ou encore « des preuves de discrimination très significative », et même « extrême ».
Des accusations que Google a vivement réfutées ; « Nous avons été abasourdis par cette affirmation », écrit sa vice-présidente Eileen Naughton dans un post de blog. Elle détaille les méthodes utilisées par Google pour que les rémunérations soient liées au poste et au travail, indépendamment du sexe. Et assure que l’entreprise mène des analyses annuelles « extrêmement scientifiques et robustes » pour éviter toute discrimination salariale.
Quelques jours avant la polémique, le 4 avril, Google s’était d’ailleurs félicité, sur les bases de ces méthodes, d’avoir comblé le fossé des inégalités salariales entre les sexes.
https://twitter.com/Google/status/849247401110097920
Les accusations de discriminations sont d’autant plus malvenues pour Google que le géant se pose, depuis 2014, en pionnier de la transparence pour l’égalité des sexes. Il avait été le premier à rendre publiques ses données sur la diversité dans ses rangs. Les autres entreprises de la Silicon Valley l’ont suivi sur cette voie.
Voir : La Silicon Valley au travail pour se féminiser
Mais pour l’heure, la transparence sur les salaires n’est pas à l’ordre du jour chez Google. Le fonds d’investissement éthique Arjuna Capital est monté au créneau de son côté, lundi 10 avril : dans un communiqué, il annonce qu’il soumettra le 7 juin, lors de l’assemblée générale d’Alphabet, la maison-mère de Google, une résolution sur l’égalité salariale. En 2016, souligne-t-il, des géants des technologies comme eBay, Intel, Apple, Amazon, Expedia, Microsoft et Adobe ont accepté la transparence sur les salaires. Pas Alphabet/Google.
Le vote de cette résolution « sera un défi dans la mesure où un pourcentage particulièrement élevé des actions de la compagnie est entre les mains de ses managers et fondateurs, qui sont très majoritairement des hommes blancs », souligne Arjuna Capital.