Le nouveau président voulait une équipe gouvernementale qui ressemble à son pays. 46% de personnes non blanches et… 52% de femmes dessinent le nouveau visage du pouvoir aux Etats-Unis.
Dans quelques jours, Joe Biden tournera la page du suprémacisme blanc aux Etats-Unis. La violente attaque du Congrès par les supporters de Donald Trump n’a pas réussi à empêcher l’investiture du nouveau Président qui va rompre avec son prédécesseur en s’entourant d’une équipe plurielle.
Aux premières heures de son mandat, Trump signait un décret contre l’avortement. La photo de la signature de ce premier acte de président était grotesque. (Lire : Entouré d’hommes, Trump restreint déjà l’accès aux droits reproductifs). Joe Biden, lui, s’entoure de femmes et d’une équipe diverse. Ce qui lui a d’ailleurs été reproché par un chroniqueur conservateur du Wall Street Journal en décembre dernier qui ironise sur des « premières » : le premier Hispanique à la tête du ministère de la Sécurité intérieure (Alejandro Mayorkas), ou le premier membre d’un gouvernement américain ouvertement homosexuel (Pete Buttigieg) et tellement de femmes !
Joe Biden nomme en effet des femmes à des postes clés, là où elles n’ont jamais été choisies auparavant. A commencer par Kamala Harris, la première à marquer l’histoire. Une vice-présidente pour la première fois. Une femme afro-américaine et asio-américaine, un beau pied de nez au Président déchu. (lire : Kamala Harris : « la première mais pas la dernière ». Et pas «première dauphine!»)
Selon CNN, l’équipe de transition de Joe Biden est composée de 46% de personnes non blanches et 52% de femmes. Sa cheffe de cabinet adjointe est son ancienne directrice de campagne, Jennifer O’Malley Dillon. La première femme à mener une campagne présidentielle à la victoire. Auparavant, directrice adjointe de campagne pour Barack Obama en 2012.
Dana Remus, ancienne avocate générale de la campagne présidentielle, diplômée d’Harvard et de Yale est la nouvelle conseillère à la Maison Blanche.
Julissa Reynoso Pantaleon nommée cheffe de cabinet pour la première dame, docteure Jill Biden, diplômée d’Harvard, Cambridge et Columbia est née en République Dominicaine et fut ambassadrice des Etats-Unis en Uruguay puis sous-secrétaire d’État adjointe pour l’hémisphère occidental au Département d’État américain sous l’administration Obama-Biden.« Je voulais quelqu’un avec du cœur et passionnée par le service public. J’ai trouvé tout cela et plus encore en Julissa – une diplomate, une juriste et une stratège accomplie » confie Joe Biden dans un entretien à NBC.
Sa nouvelle Directrice du Bureau des affaires intergouvernementales de la Maison Blanche est Julie Chavez Rodriguez, diplômée de Berkeley. Directrice adjointe de la campagne de Biden-Harris, Chavez Rodriguez a précédemment travaillé pour la campagne sénatoriale de Kamala Harris. Elle aussi une ancienne collaboratrice d’Obama.
Annie Tomasini, qui occupe actuellement le poste de cheffe de cabinet itinérant du président élu Biden, a été nommée directrice des opérations du bureau ovale. Auparavant, Mme Tomasini travaillait comme attachée de presse adjointe pour Biden lorsqu’il était vice-président.
Et ce n’est pas tout ! Son équipe de communication est 100% féminine.
Après avoir nommé Janet Yellen au Trésor Américain, (lire ; Janet Yellen, secrétaire au Trésor,) il nomme une secrétaire adjointe au Trésor d’origine nigériane, Wally Adeyemo, ainsi que Neera Tanden, une femme d’origine indienne, pour diriger le Bureau de la gestion et du budget. Il semblerait que Joe Biden tienne ses promesses, « Dès le départ, je voulais une campagne qui représente l’Amérique, et je pense que c’est ce que nous avons fait. Maintenant, c’est ce à quoi je veux que l’administration ressemble », disait-il dans un discours du 7 novembre 2020. La nomination historique de Cecilia Rouse à la tête du cercle des conseillers économiques du président, une première femme noire à ce poste, le confirme.