
Coupole du Bundestag, l’Assemblée parlementaire allemande
La part des femmes au Bundestag est passée de 36,5% à 31% à l’issue des élections législatives allemandes. Un recul sans précédent.
La chancelière Angela Merkel a remporté une quatrième victoire de rang, mais n’a pu empêcher l’entrée de l’extrême droite au Bundestag. Autre enseignement des élections législatives du 24 septembre en Allemagne : une chute de la représentation des femmes. Elles occupaient 36,5% des sièges dans l’assemblée sortante, elles n’y seront plus que 31%. Un recul sans précédent, et encore un paradoxe au pays de la femme la plus puissante du monde.
Dans un entretien au journal Der Tagesspiel, Mona Küppers, présidente du Conseil allemand des femmes, qui regroupe une soixantaine d’associations féministes, juge ce recul « honteux » et plaide pour l’instauration de quotas. Elle s’inquiète aussi du poids désormais occupé par l’AfD, le parti d’extrême droite qui pourra y porter ses idées anti-féministes.
En Allemagne comme ailleurs, ce sont les partis de droite qui sont les plus éloignés de la parité. Et ce sont eux qui sont sortis renforcés de ces élections. Dans la coalition CDU/CSU d’Angela Merkel, les femmes ne représentent que 20% des 246 élu.e.s. Elles ne sont que 12% à l’AfD qui, avec 94 sièges, est devenu la troisième force politique du pays. La balance est bien meilleure à gauche : elles sont majoritaires chez les élu.e.s verts et du parti de gauche, et représentent 42% des 153 député.e.s du SPD, le parti social-démocrate.
À noter que, pour la première fois, le groupe SPD au Bundestag sera dirigé par une femme. Andrea Nahles, candidate officielle, a été largement élue par les parlementaires de son parti – qui a subi une cruelle défaite aux législatives du 24 septembre. Andra Nahles était ministre du Travail dans la coalition sortante, mais le SPD sera désormais dans l’opposition.
En France, le renouvellement du Sénat ce même dimanche a connu une faible hausse de la représentation des femmes. Mais rien de nouveau à la tête des groupes. Un seul groupe dans la Haute Assemblée est présidé par une femme : les communistes, dont la présidente Eliane Assassi doit être reconduite en fin de semaine. À l’Assemblée nationale, tous les groupes ont des hommes à leur tête.