Le Parti travailliste accède au pouvoir au Royaume-Uni. Bonne nouvelle pour les droits des femmes et pour la parité. Aussi bien au sein du cabinet du nouveau Premier ministre qu’au Parlement britannique, les femmes sont représentées comme elles ne l’ont jamais été.

Pendant quelques semaines, la vie politique française et britannique ont été rythmées par des élections législatives. Si les partis de gauche arrivent tout juste en tête en France, le Labour, le Parti travailliste, obtient la majorité absolue au Parlement britannique. Mais les résultats des élections françaises laissent un goût amer suite au recul du nombre de femmes élues. En revanche, le nouveau gouvernement britannique bat un record en termes de parité : sur 650 élu.e.s à la Chambre des communes, 263 sont des femmes, soit 41%.
Le premier gouvernement paritaire du Royaume-Uni
Ces élections législatives britanniques ont donné la majorité absolue au Labour. En résulte un nouveau gouvernement. À sa tête : Keir Starmer, nommé Premier ministre. En juin dernier, le manifeste du Parti travailliste s’engageait à défendre les droits des femmes. Cet engagement se traduit déjà par un gouvernement paritaire. Parmi les vingt-deux nouveaux ministres, onze sont des femmes. Et pour cette fois-ci, elles ne sont pas reléguées à des ministères secondaires mais occupent les fonctions les plus hautes du gouvernement britannique.
Au poste de Vice Première ministre et secrétaire d’État à l’Égalité des chances, au logement et aux communautés : la socialiste Angela Rayner. À la différence de ceux qui l’ont précédée à ce poste, Angela Rayner n’est pas issue des élites. Originaire du nord de l’Angleterre, elle a un premier enfant à 16 ans, dont elle s’occupe seule. Elle travaille dans le soin à la personne avant de se syndicaliser et d’être élue députée en 2015. Elle gravit les échelons jusqu’à devenir la numéro deux à la direction du Parti travailliste en 2020.
Au sein de ce nouveau gouvernement, plusieurs ministères sont pour la première fois dirigés par des femmes. Comme Rachel Reeves, la nouvelle Chancelière de l’Échiquier, le ministère chargé des finances et du trésor. La symbolique est d’autant plus forte que c’est l’une des institutions les plus anciennes de la politique britannique, datant de 1316, soit 708 ans.
Progression constante
La liste des figures féminines nommées au sein de ce nouveau gouvernement se poursuit : Yvette Cooper à l’Intérieur, Shabana Mahmood à la Justice, Bridget Phillipson à l’Éducation, Liz Kendall au Travail et aux Retraites, Louise Haight aux Transports, Lisa Nandy à la Culture, Jo Stevens au Secrétariat d’État pour le Pays de Galles, Lucy Powell nommée Leader de la Chambre des communes et Anneliese Dodds au Développement.
À chaque nouvelle élection, les femmes gagnent du terrain. En 2010, elles représentaient seulement 22% des élu.e.s à la Chambre des Communes. Aujourd’hui, ce chiffre a presque doublé.
Des avancées pour les Droits des femmes
Davantage de femmes siègent aujourd’hui au Parlement britannique. Cela permettra-t-il aux mesures en faveur des droits des femmes d’aboutir ? C’est ce que promettent le nouveau gouvernement et les député.es travaillistes.
Alors que l’avortement n’est pas encore un droit mais simplement autorisé au Royaume-Uni, des députés travaillistes ont déposés plusieurs amendement en faveur d’une réforme de la loi. Les discussions ont été interrompues par les élections générales législatives mais Keir Starmer, le nouveau Premier ministre, avait déjà voté pour la légalisation de l’avortement jusqu’à 24 semaines de grossesse ainsi que pour la mise en place de zones tampons autour des cliniques d’avortement afin d’en sécuriser l’accès.
Dans son manifeste, le parti travailliste exprime son souhait d’améliorer l’accès des femmes aux soins en formant des milliers de sages-femmes supplémentaires et de combler l’écart de mortalité maternelle chez les personnes racisées, qui reste presque trois fois plus élevé que chez les femmes blanches selon une enquête menée sur l’ensemble du territoire.
Le nouveau parti au pouvoir s’engage pleinement dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Shabana Mahmood, désormais Secrétaire d’État de la Justice, a exprimé son souhait de créer des unités spécialisées dans le viol au sein de chaque force de police et des tribunaux spécialisés dans toute l’Angleterre et le pays de Galles afin d’accélérer le traitement des affaires de viol.
Reste à voir si ces promesses seront tenues. Mais avec 410 députés travaillistes, dont 189 sont des femmes, et un gouvernement paritaire, la gauche britannique porte une lueur d’espoir pour les droits des femmes.