Lourde amende pour le club de foot qui affiche un faible « index de l’égalité ». Le PSG conteste la sanction et les clubs remettent en question un critère de cet index.
Selon le quotidien l’Equipe, l’inspection du travail a infligé une amende de plusieurs millions d’euros au Paris Saint Germain (PSG) pour non-respect de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes il y a quelques semaines.
Index de l’égalité
Une amende, décidée en conformité avec la loi « avenir professionnel » du 5 septembre 2018, qui oblige les entreprises à publier un « index de l’égalité » devant mesurer la progression de l’égalité de traitement entre femmes et hommes. Ces entreprises doivent calculer leurs performances en mesurant cinq critères : écarts de salaire à poste et âge comparables (40 points), écarts de chance d’avoir une augmentation (20), chance d’avoir une promotion (15), nombre de femmes dans les 10 plus hautes rémunérations (10), gestion des retours de congé de maternité (15). Et la loi prévoit des sanctions si les entreprises affichent moins de 75 points. Manifestement, le PSG était loin du compte. Et d’autres clubs devraient être sanctionnés.
Les plus hautes rémunérations : 100% hommes
Un critère semble impossible à remplir pour beaucoup de clubs : compter des femmes parmi les plus hauts salaires. Pour Marie-Hélène Patry, déléguée générale de Foot Unis (syndicat des clubs professionnels) interviewée par l’Equipe, c’est même mission impossible. « Par nature, le sport, à l’exception de l’équitation ou des courses de rallye, est une activité différenciée entre hommes et femmes. On ne cherche pas à avoir des exemptions mais le foot, comme le BTP, sont des secteurs où les hommes sont en grande majorité. On aimerait être parmi les bons élèves mais dans le football, il y a au moins un critère que l’on ne peut jamais remplir : celui de la représentation des femmes dans les 10 plus gros salaires d’un club puisque ce sont toujours les joueurs qui les perçoivent. » dit-elle…
Mais, ce critère ne comptant que pour 10 points dans le total de l’index, il n’est pas compliqué pour les clubs d’échapper aux sanctions. C’est ce qui a beaucoup été reproché à cet index d’ailleurs : des critères trop souples pour permettre l’égalité… voire un effet contre-productif car les entreprises obtiennent trop facilement les 75 points, même si elles sont largement inégalitaires comme peut l’être le monde du foot. (Lire : EGALITÉ PROFESSIONNELLE : LE REVERS DE L’INDEX)
Illusion de l’égalité
D’ailleurs le PSG tient à faire savoir que l’amende qui lui a été infligée concerne les saisons précédentes et pas l’exercice 2023-24 et n’en finit pas de contester la sanction. Dans l’Equipe, le club de foot fait la liste de ce qu’il a pu trouver dans ses tiroirs en gage de bonne foi.
« Le PSG croit profondément que le sport joue un rôle fondamental pour faire avancer la société, notamment sur les questions d’égalité. Le club œuvre sur et en dehors des terrains en faveur de l’égalité hommes-femmes. Le développement du foot féminin est un axe essentiel de notre projet. Nous avons lancé la formation mixte de nos équipes de jeunes au Campus PSG à Poissy avec un centre de formation pour les filles (qui existait déjà le 1er juillet) et les garçons. Nous venons d’embaucher une directrice des ressources humaines, nous possédons une équipe digitale dédiée à la section féminine et nous avons également un partenariat avec le cabinet Deloitte sur la féminisation et avons lancé le programme « Allez les filles » (un programme pour initier au sport des jeunes filles issues de quartiers défavorisés, âgées de 11 à 16 ans) », a confié une source proche du club de la capitale auprès de L’Equipe. L’illusion de l’égalité…