L’un des pires pays pour les Droits des femmes vient d’être choisi pour présider la Commission de la condition de la femme des Nations unies après une candidature sans opposition. « Mépris pour les droits des femmes dans le monde »
Un appel au boycott est déjà lancé par Hillel Neuer, directeur exécutif de l’ONG UN Watch : « L’Arabie saoudite, qui torture les militant.es des droits des femmes, a été élue à l’unanimité à la présidence de la Commission des droits des femmes de l’ONU. Le royaume présidera la session annuelle de mars 2025 à laquelle participeront des milliers de personnes. Nous appelons désormais les militant.es des droits des femmes à annoncer qu’ils n’iront pas. » écrit-il sur les réseaux sociaux
L’Arabie Saoudite vient d’être choisie pour présider cette commission après une candidature sans opposition. L’ambassadeur saoudien auprès des Nations unies, Abdulaziz Alwasil, a été élu président par acclamation, en l’absence de candidats rivaux et de dissidence lors de la réunion annuelle de la CSW à New York.
30 ans après la déclaration de Pekin
Lorsque le président sortant, l’envoyé philippin auprès des Nations unies, Antonio Manuel Lagdameo, a demandé aux 45 membres s’ils avaient des objections, le silence s’est fait dans l’hémicycle. Et le Saoudien, soutenu par le groupe des États d’Asie-Pacifique au sein de la commission, a été élu pour présider la 69ème Commission onusienne de la condition des femmes en 2025. Une commission qui marquera le 30e anniversaire de la déclaration de Pékin, historique pour la promotion des droits des femmes dans le monde.
Quand l’Arabie Saoudite avait été élue en 2017 sein de cette Commission chargée de veiller « à l’établissement des normes mondiales relatives à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes. », provoquant l’indignation des défenseur.es des droits des femmes, le malaise avait été passager et seule la Belgique avait publiquement regretté son vote.
Un des pires pays pour les droits des femmes
« L’Arabie saoudite a fait pression pour obtenir la présidence, dans ce qui est largement perçu comme une tentative de redorer l’image du royaume. » écrit The Guardian. Mais comment un tel pays pourrait-il apparaître comme le défenseur des Droits des femmes ?
Il figure la 131e place sur 146 pays au rang mondial des inégalités entre les sexes. Sherine Tadros, directrice du bureau d’Amnesty International à New York a dénoncé le « bilan catastrophique de l’Arabie saoudite lorsqu’il s’agit de protéger et de promouvoir les droits des femmes » et « le fossé entre la réalité que vivent les femmes et les filles dans le pays, et les aspirations de la Commission ».
Les responsables saoudiens se flattent d’avoir adopté, en 2022, une loi sur le « statut personnel » apportant des progrès en matière de droits des femmes. Mais selon Amnesty International, un projet de nouveau code pénal ne protègerait pas les femmes et les jeunes filles contre toutes les formes de violence fondée sur le sexe.
La loi stipule qu’une femme doit obtenir l’autorisation d’un tuteur masculin pour se marier. Qu’elle doit obéir à son mari d’une « manière raisonnable », que le soutien financier de son mari dépend de l’ « obéissance » de la femme. Le refus d’avoir des relations sexuelles avec son mari, de vivre dans le domicile conjugal ou de voyager avec lui peut également justifier le retrait du soutien financier prévu par la loi.
Mépris pour les Droits des femmes dans le monde
« L’élection de l’Arabie saoudite à la présidence de la Commission de la condition de la femme des Nations unies témoigne d’un mépris choquant pour les droits des femmes partout dans le monde », a déclaré Louis Charbonneau, directeur des Nations unies à Human Rights Watch (HRW).
« Un pays qui emprisonne des femmes simplement parce qu’elles défendent leurs droits n’a rien à faire à la tête du principal forum des Nations unies pour les droits des femmes et l’égalité des sexes. Les autorités saoudiennes doivent démontrer que cet honneur n’était pas totalement immérité et libérer immédiatement tous les défenseurs des droits des femmes détenus, mettre fin à la tutelle masculine et garantir les pleins droits des femmes à l’égalité avec les hommes. »
Il affirme que le HRW a essayé de faire pression sur d’autres pays parmi les 45 membres actuels de la CSW, « S’ils se montraient tous assez véhéments, cela n’arriverait pas », a-t-il déclaré.
En 2022, des dirigeantes des Etats-Unis et du Canada notamment avaient réussi à faire sortir l’Iran de cette commission après une polémique dénonçant l’indifférence de nombreux pays (dont probablement la France qui avaient laissé faire (Lire : L’IRAN EXPULSÉ DE LA COMMISSION DROITS DES FEMMES DE L’ONU)
Lire aussi dans Les Nouvelles News