Alors que les studios d’animation Disney fêtent leurs 100 ans, un sondage IFOP révèle que l’attention portée à l’inclusion et la diversité dans les derniers films déplaît à une grande partie du public français…

Princesse en détresse, délivrée par le prince charmant, et blanche comme la neige… c’est (presque!) fini ! En tout cas chez Disney. Ces dernières années, le studio d’animation a porté une attention particulière à casser les stéréotypes de genre et à inclure davantage de diversité ethnique dans ses films. Toutefois, une étude menée par l’IFOP, à la demande de Voyage avec Nous, révèle que cette nouvelle politique n’est pas du goût de tout le monde : 62% des Français.e.s sont opposé.e.s aux modifications apportées aux grands classiques et aux œuvres de divertissement pour les adapter aux valeurs sociétales actuelles.
Un conservatisme affirmé
Cette tendance conservatrice est plus nette en France qu’aux Etats-Unis. Ainsi, il n’est pas question pour 77% des personnes interrogé.e.s dans l’Hexagone de remplacer les sept nains de Blanche Neige par des créatures magiques ou encore, pour 70%, de supprimer la scène du baiser du prince charmant lorsque l’héroïne est inconsciente, comme c’est le cas dans l’adaptation prévue pour 2024.
Disney a également ajouté des avertissements au début de ses films cultes, tels que Dumbo et Les Aristochats, pour mettre en garde les spectateur.rice.s contre les clichés jugés racistes de certaines scènes. Cela déplaît à 58% des personnes concernées par l’étude. Même constat lorsqu’il s’agit d’inclure davantage de représentations LGBTQIA+. 52% des Français.e.s n’approuveraient pas la mise en scène par Disney d’une princesse ouvertement lesbienne (notons que cela n’est encore jamais arrivé…). Dans ce panel de refus, les plus de 65 ans sont majoritaires. Néanmoins, toutes les tranches d’âge sont représentées dans cette tendance conservatrice. Par exemple, les moins de 35 ans s’opposent à 63% à la suppression de la scène du baiser dans Blanche Neige…
Mené en parallèle d’une étude sur le public américain, ce sondage IFOP met en lumière les similarités entre les positions de ces deux publics, mais également les différences. Notamment sur la diversité ethnique des personnages. Seulement 42% des Français.e.s, contre 63% des Américain.e.s, estiment qu’il est important que les princesses Disney reflètent davantage de diversité ethnique. La récente polémique autour du choix de l’actrice afro-américaine Halle Bailey pour interpréter La Petite Sirène en 2023 le prouve. Le site AlloCiné avait même dû avertir ses utilisateurs que les avis pour ce film étaient erronés, à cause d’une « répartition inhabituelle des notes »... Néanmoins, cela n’a pas empêché le film de se placer en tête du box-office outre-Atlantique.
Le club des nouvelles héroïnes
Avec ces nouvelles héroïnes, Disney fait clairement son mea culpa. Les films Disney ont longtemps forgé un imaginaire dans lequel les petites filles sont des princesses attendant leur prince charmant, sans qui rien n’est possible pour elles. Aujourd’hui, ces nouveaux personnages féminins osent tout. Des films comme Vaiana, Rebelle ou encore La Reine de neige, sont des invitations pour les filles à aspirer à autre chose. Fini l’image de la princesse passive, ces nouvelles héroïnes sont maîtresses de leur destin. En outre, lors de la sortie du film La Petite Sirène (2023), une vague de vidéos avait déferlé sur les réseaux sociaux, où l’on voyait la joie éprouvée par toutes les petites filles noires fans de Disney qui pouvaient enfin s’identifier à une héroïne. « Nous voulons mettre en avant des personnages qui représentent le monde, revendiquait Jennifer Lee, directrice créative de Walt Disney Animation Studios, dans une interview accordée au Point Pop, avant d’ajouter : Nous devons suivre sans peur cette voie de l’inclusion ».
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