
Signataires de l’appel #JamaisSansElles : Guy Mamou-Mani, Tatiana F. Salomon, Gilles Babinet, Benoît Thieulin, Jean-Michel Blanquer, Alexandre Jardin, Sylvain Attal, David-Hervé Boutin, François Momboisse, Éric Ingargiola et Natacha Quester-Séméon. © Sacha Quester-Séméon.
Non aux tables rondes sans la moindre femme : des entrepreneurs et personnalités du numérique et des médias lancent un appel commun.
« Un panel sans la moindre femme est une anomalie notoire, une absurdité criante. » Dans un appel lancé le 20 janvier, sous le mot d’ordre #JamaisSansElles, des entrepreneurs et personnalités du numérique et des médias s’engagent à boycotter les panels 100% masculins.
« Trop de panels, de tables rondes, de comités d’experts ; trop de conseils, de réunions, de groupes de débatteurs… sans femmes ! Dorénavant, nous ne participerons plus à aucune manifestation publique ou événement médiatique où seraient débattus, commentés ou jugés des sujets d’intérêt commun, sociétaux, politiques, économiques, scientifiques ou stratégiques, et qui ne compteraient aucune femme parmi un nombre important d’intervenants. »
Première prise de position organisée de ce genre, cet appel lancé par les membres du « Club des gentlemen » fait suite à des engagements personnels annoncés quelques semaines plus tôt. C’était fin octobre 2015, où une « conférence numérique franco-allemande » à l’Elysée proposait une table ronde où s’exprimaient 8 hommes, aucune femme. Des personnalités alertées par l’association Girl Power 3.0 – elle même à l’initiative, auparavant, du Club des gentlemen – s’engageaient alors personnellement à boycotter les plateaux 100% masculins.
Voir : Tables rondes 100% masculines : prise de conscience dans le numérique
Cette conférence était un « déclic », même s’il n’était pas le premier, remarque Natacha Quester-Séméon, de Girl Power 3.0. « Nous avons fondé l’association autour de cette idée. Dès 2005 Tatiana F-Salomon et moi avons lancé des actions de sensibilisation à travers des messages positifs sur la mixité. On peut dire que cela aura mis 10 ans à éclore vraiment, avec aujourd’hui le soutien de personnalités et d’acteurs majeurs du numérique dont Benoît Thieulin (parrain de Girl Power 3.0) ou Henri Verdier. Changer les mentalités est un processus long. »
L’appel pourra-t-il accélérer ce processus ? En tout cas, « il produit des effets positifs immédiats », se réjouit Natacha Quester-Séméon. Rapidement d’autres personnalités ont rejoint les 20 premiers signataires. « Nous avons été agréablement surpris par l’engouement pour #JamaisSansElles sur les réseaux sociaux (le hashtag a été parmi les plus populaires samedi 23 janvier sur Twitter France). Et ce n’est que le début de ce mouvement de fond. »
Nos articles sur ce sujet (par ordre chronologique) :
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« All male panel », les plateaux 100% masculins n’ont jamais été aussi drôles
A Rouen, des hommes boycottent un colloque 100% masculin
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