Pour le Planning familial, les détails font que la mesure en vigueur depuis le 31 mars « ne changera rien ou pas grand-chose ».
Le 31 mars, deux décrets ont fait entrer en vigueur la mesure adoptée en novembre par le Parlement : la contraception est désormais accessible gratuitement et anonymement en pharmacie pour les mineures. Mais derrière l’effet d’annonce, ce n’est pas si simple.
Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé, le Planning familial estime qu’en l’état actuel « cette mesure ne changera rien ou pas grand-chose ». Car les décrets impliquent plusieurs restrictions.
En premier lieu, seules les pilules (de premières et deuxième génération) sont concernées par cette gratuité. Pas les préservatifs, « utilisés par près de la moitié des 15-17 ans ».
En outre, la consultation médicale nécessaire à la prescription de la pilule n’est pas prise en charge, pas plus que les examens complémentaires.
Au-delà de la gratuité relative, le Planning familial porte ses critiques sur l’anonymat. Selon la loi votée en novembre, « la délivrance et la prise en charge de contraceptifs sont protégées par le secret pour les personnes mineures » (Voir : Contraception des mineures : l’anonymat aussi. Mais…). Mais pour acquérir des contraceptifs en pharmacie, les mineures devront en général présenter la carte Vitale d’un parent. Même si un dispositif est prévu pour garantir le secret, en cas de demande des adolescentes, l’anonymat s’avérera dans les faits un parcours de combattante.
Une troisième critique porte sur la tranche d’âge concernée. Pourquoi seulement les 15-18 ans, s’interroge le Planning familial. D’un côté, pourquoi ce « plancher » de 15 ans ? « Cette limite d’âge qui n’existe pas dans la loi renforce la confusion autour de la notion de ‘majorité sexuelle’ inexistante en France. » Quant au plafond de 18 ans, il laisse à l’écart « les jeunes adultes (18-25 ans) dont toutes les études démontrent la précarisation croissante pouvant conduire à l’abandon d’une contraception ».