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Cinéma
Mis en ligne le 19/11/11
Décidément les films sur la condition des femmes, engluée dans des traditions millénaires, se multiplient. Dans la veine de « Et maintenant on va où ? » un homme cette fois, Raidu Mihaileanu (« Le concert », « Va, vis et deviens ») décrit le combat de femmes dans un village « situé quelque part entre l'Afrique du nord et le Moyen Orient », enclave dans le monde moderne... ...Elles refusent l'obligation millénaire, épuisante, d'aller puiser l'eau à la source située dans les montagnes. Cette fois ce n'est pas la ruse qu'elles utilisent, mais, ouvertement, l'arme fatale de la grève du sexe. Comme le fit Lisistrata dans la pièce d'Aristophane pour arrêter la guerre. En interrompant le cours éternel des choses, les femmes obligeant les hommes absolument médusés par l'énormité de l'initiative à les regarder, à les voir, à réfléchir. « Vous ne nous voyez plus, vous ne savez rien de nous » Nominé au dernier festival de Cannes et très bien accueilli par le public, ce conte, cette « fable » comme la décrit son auteur, soulève de nombreuses critiques des experts es cinéma : « caricatural », « manichéen », « fade », « mélo », « pastiche musulman de don Camillo » « opérette » « style ampoulé », « morale simpliste », « atteinte à la vérité : le décor, les costumes sont berbères alors que le film a été tourné au Maroc et la langue est arabe ». Certains de souligner d'ailleurs (avec regret ?) que le public, le grand bien sûr, va sans doute aimer le film. Une fable, pas un documentaire. Il ne s'agit pas d'un documentaire, et pourquoi s'armer d'un scanner et bouder l'impact émotionnel et la portée du message ? Demande-t-on à La Fontaine ou à Voltaire de pouvoir indiquer sur une carte le lieu précis dans le quel se déroule leur récit ? Leur reproche-t-on de faire parler les animaux pour l'un, de créer des Orients imaginaires pour l'autre ? Trouve-t-on simplistes les morales qu'ils assènent ? Répétera-t-on assez, et est-ce simpliste, qu'il est intolérable que les hommes et les religions décident encore dans de nombreux lieux de ce que doivent faire les femmes ? Que le choix de leur mari ne leur incombe pas, qu'elles n'aient pas accès à la contraception, qu'elles doivent s'offrir à lui à la demande, qu'elles soient privées d'éducation ? Qu'on fête la naissance du garçon et pas de la fille - « Tu as un fils, tu es bénie » ? Tous ces thèmes sont abordés dans ce film chaleureux et coloré et reflètent la réalité pour de nombreuses femmes dans le monde. Les personnages n'y sont pas plus caricaturaux que dans un bon western ou polar qui véhiculent beaucoup de violence et quelques bons sentiments. Les émotions sont un bon véhicule pour sensibiliser le grand public. Les hommes sont loin d'être tous archaïques. L'instituteur mari de l'héroïne qui crée le désordre, la sublime Leila Bekhtila, est un beau personnage, déchiré, qui la défend et se bat par ailleurs pour convaincre tous les parents d'envoyer leurs filles à l'école. La jeune femme est soutenue, portée même, par une ancienne qui en a beaucoup vu, Biyouna, incroyable de force et d'humour. Le beau père se met à réfléchir sur l'histoire et le fondement de la répartition des rôles, et l'imam écoute et entend les femmes, apaise les esprits. Il y a aussi des femmes qui supportent mal la remise en cause des dogmes établis qui remet en cause l'esclavage de toute une vie. L'amour circule à flots. C'est parce qu'elles aiment leurs hommes, que beaucoup se battent. Les rires aussi fusent, de ces villageois qui aiment les fêtes et la danse. Happy end du film, le gouvernement alerté et craignant la généralisation du mouvement dans le pays décide de faire arriver l'eau courante au village. On est rassuré, ce ne sont pas les hommes qui devront aller chercher l'eau. Et il reste beaucoup à faire pour parvenir à l'égalité. LA SELECTION
Pub olympique pour la mère sacrificielleAttention, message très stéréotypé de la marque mondiale Procter&Gamble, sponsor des Jeux olympiques. |
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