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CANNES 2010 Mis en ligne le 19/05/10 I Rédaction par Arnaud Bihel
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Une déception pour commencer notre expérience cannoise. « Countdown to zero », réalisé par Lucy Walker, arrivait à Cannes précédé d'une belle réputation, après une première sortie remarquée en janvier au Festival de Sundance. Réputation due également à son producteur, Lawrence Bender, déjà à l'origine du film d'Al Gore « Une vérité qui dérange ». « Countdown to zero », exploration de la course aux armes nucléaires, s'annonçait de la même force que le documentaire qui avait contribué à éveiller les consciences sur le réchauffement climatique.

Pour ce qui est de frapper, c'est réussi. Entre les risques terroristes et ceux d'une erreur militaire, le documentaire assène l'idée qu'un jour, inévitablement, une bombe atomique explosera dans une grande métropole, faisant des millions de victimes. Mais la faiblesse du film réside dans cette même volonté de marteler ses vérités. La mise en scène hollywoodienne tombe dans l'excès de dramatisation et rend le propos indigeste.

Comme un leitmotiv reviennent des images du rayon de déflagration d'une bombe sur les grands villes du monde. La menace d'Al Quaeda, celle de l'Iran, en sont un autre fil conducteur. Tout comme la facilité à se procurer et faire voyager de l'uranium enrichi, composant essentiel d'une bombe atomique.

Parfois, « Countdown to zero » vise juste. Quand il s'attarde sur les erreurs et les malentendus militaires qui ont déjà failli mener le monde au désastre. Quand reviennent les propos de Robert Oppenheimer, le père de la bombe, terriblement lucide quand il s'agissait d'évoquer les dangers de sa création. Quand il décrit la course à l'arme nucléaire, depuis les années de guerre froide jusqu'à nos jours, et la fierté nationale que procure l'acquisition de la bombe. Mais les bribes de réflexion se retrouvent noyées dans le magma anxiogène, à grand renfort d'images choc et de musique obsédante.

En conclusion, « Countdown to zero » laisse la place à un peu d'espoir, et en appelle aux citoyens pour transmettre son message. Le documentaire engagé se prolonge par un site internet. Mais en sortant de la projection, l'angoisse laisse surtout la place à un grand sentiment d'impuissance et de frustration.



Image : Thierry Frémeaux, Lawrence Bender et Lucy Walker

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