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Entreprendre Mis en ligne le 25/08/11 I Rédaction par Hortense Lasbleis
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Echange aide aux devoirs contre bricolage ;  peinture contre rédaction du CV... "Intersel", qui rassemble des membres de Systèmes d’Echange Locaux (SEL) de toute la France, organisait sa rencontre annuelle du 15 au 21 août. L’occasion de se pencher sur cet outil de partage alternatif déjà adopté par près de 450 associations dans tout le pays.


sel« Je fais des tartes à la tatin alors que je suis pas gourmande, mais une tarte complète pour mon fils et moi, c’est trop. Alors que l’odeur du caramel et des pommes cuites dans la maison, on adore ! Donc j’en fais beaucoup, et les gens sont contents », sourit Bernadette Bellemin, cofondatrice du SEL de Noiseau dans le Val-de-Marne. Mais elle ne se contente pas d’offrir des tartes tatin. Elle demande aussi, entre autre, de l’aide au jardinage. L’idée du SEL, c’est ça : chacun propose des services, voire des biens, en fonction de ses compétences propres et surtout de ses goûts. « Les choses que tu n’aimes pas faire tu les fais faire par ceux qui aiment ça, et ce que tu aimes, tu peux le faire à profusion », résume notre patissière.

Avec les SEL pas d'inflation

Du troc ? Pas vraiment, car chaque activité est rémunérée. Des services marchands, alors ? Non plus. Ce ne sont pas des euros qui sont échangés mais des « unités sélistes », chacune valant généralement une minute. Si Jeanne fait un cours d’une heure à Laurent, elle verra son compte crédité de 60 unités séliques et celui de Laurent sera débité du même montant. Chaque SEL donne le nom qu’il souhaite à ces unités. Au SEL de Paris, ce sont des « piafs », à Créteil des « cristol », à Noiseau des « grains de sel ». Bien sûr il ne s’agit pas de s’échanger des oiseaux ou le contenu d’une salière. La monnaie est virtuelle et circule d’un compte à l’autre grâce à un système de chèques, de feuilles ou de carnets d’échanges. La seule limite est celle imposée par l’association, certaines refusant que leurs membres aient un compte qui dépasse 3000 unités sélistes par exemple.

Repères.

      - Les SEL sont nés au Canada sous le nom de « LETS » (Local Exchange Trade System). La première initiative a été lancée par Michael Linton, en 1983, sur l’île de Vancouver.

      - En France il faut attendre 1994 pour voir apparaître le premier Système d’Echange Local, en Ariège.

       - En mars 2003 se créé l’association SEL’idaire. Le but est de permettre la communication entre les SEL déjà existant, favoriser les projets de création et l’information autour de ces systèmes alternatifs.

-      - 444 SEL sont aujourd’hui recensés par l’association. Etre référencé signifie adhérer à SEL’idaire, tous les systèmes d’échanges locaux ne sont donc pas dans cette liste.

        

        - Site des SEL : SELidaire

Ce plafond vise à éviter que certaines personnes bénéficient de services sans jamais en proposer elles-mêmes. Il peut y avoir un plafond dans l’autre sens, mais pas forcément. Et pour cause : rien ne sert d’accumuler des unités sélistes puisqu’elles sont utilisables uniquement au sein du système d’échange local et que leur valeur ne se modifie pas. Les minutes ne subissent pas d’inflation.

Pour savoir qui offre et demande quoi, des catalogues sont mis en place. Au SEL de Noiseau, il y en a quatre : les offres et demandes par catégories ou par adhérents. Ainsi un membre pourra soit satisfaire un besoin précis, soit nouer des liens avec une personne remarquée lors d’un événement du SEL et qu’il veut mieux connaître. Car participer à ce genre d’association c’est souvent l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, au-delà du côté pratique de « dépannage » qu’offre un système d’échange local.

Un autre modèle de société

« On est tous d’accord là-dessus : il y a quelque chose de pourri au royaume de l’argent et tout est à changer ». Le document « SEL, mode d’emploi » ne pouvait être plus clair. Appartenir à ce système d’échange alternatif c’est pour beaucoup promouvoir un autre modèle de société et s’échapper du système économique actuel. « Si on fait fonctionner le SEL de la même manière que le système capitaliste, on a tout faux » souligne Bernadette Bellemin. La cofondatrice de l’association de Noiseau a plusieurs idées pour éviter ce piège. Chaque SEL dispose d’un « compte 000 » crédité de façon illimitée. Dans la petite commune du Val-de-Marne, pendant les premières années, il était géré selon l’expression désuète « en bon père de famille », c'est-à-dire que les recettes et les dépenses s’égalisaient ». Mais les membres de l’association ont fini par décider qu’il serait possible d’y puiser autant que voulu. Ceux qui travaillent pour le compte de l’association sont ainsi sortis du bénévolat pour être rémunérés en « grains de sel » selon les heures de travail effectuées au profit du groupe. Conséquence : suppression des « impôts » prélevés sur les comptes des adhérents pour dédommager les membres du bureau d’animation de l’association. Ce crédit illimité autorise donc un certain nombre d’actions impossibles jusqu’ici. Par exemple, Bernadette Bellemin nous fait part de sa volonté de mettre en place un système pour créditer le compte d’adhérents âgés, et membres depuis longtemps, directement à partir du compte 000. En effet, ces personnes ont tendance à voir leur compte se déséquilibrer au bout de quelques années car ils ont plus de besoins mais peuvent proposer moins de services. Cette situation n’est pas la plus répandue parmi les SEL. Mais ces associations peuvent évoluer rapidement en fonction des besoins et des idées de leurs membres…

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Commentaires  

 
#1 NR77 le Lundi 17 Octobre 2011 à 20:24
Merci pour cet article, c'est important de parler de ces systèmes alternatifs où le citoyen se réapproprie sa monnaie, son système de valeur et sa définition de la richesse. Nous savons très bien faire en dehors des processus institutionnali sés. Tous ces exemples le prouvent à nouveau.
 

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