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Expulser, accueillir PDF Imprimer Envoyer
Cafouillage - Écrit par La rédaction

Voilà un cafouillage qui finit bien. Pour Najlae Lhimer en tout cas. Cette lycéenne de 19 ans a été expulsée il y a deux semaines vers le Maroc sur décision du préfet du Loiret. Elle vivait en France depuis 5 ans, après avoir quitté le Maroc pour fuir un mariage forcé. Mais a eu le malheur de déposer plainte à la gendarmerie de Château-Renard, parce que son frère, chez qui elle logeait, l'avait tabassée. Un gendarme a remarqué sa situation irrégulière et prévenu la préfecture. En moins de 24 heures elle était dans l'avion pour Casablanca. Face à la vague d'indignation qui s'élevait depuis son expulsion le chef de l'Etat, en cette journée des femmes, a fait un geste envers Najlae Lhimer. Il "s'est dit prêt à l'accueillir en France, si elle le souhaite".

Hier dimanche, la secrétaire d'Etat Fadela Amara avait pris fait et cause pour la jeune fille. La veille, Mediapart relayait cet appel signé par plusieurs personnalités. Il y a 5 jours, après un rendez-vous houleux avec le préfet, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) avait interpellé directement le chef de l'Etat. Depuis l'expulsion de Najlae, RESF rappelait ce qu'avait déclaré Nicolas Sarkozy en avril 2007 : "À chaque femme martyrisée dans le monde je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française." La décision de contredire la préfecture pour "accueillir" Najlae, deux semaines après son expulsion, tombe comme un beau symbole en cette journée des femmes, en cette année où la lutte contre les violences faites aux femmes est consacrée grande cause nationale.

Un symbole et un message, selon Sihem Habchi, présidente de l'association Ni putes ni soumises : "Un message lancé à toutes les femmes qui aujourd'hui peuvent se rendre dans les commissariats et dénoncer les violences qu'elles subissent, porter plainte". Reste que pour RESF, qui manifestait ce lundi 8 mars "pour les droits des femmes maltraitées et expulsées", nombreuses sont celles qui ont vécu le même parcours que Najlae, le retour en France en moins ; et l'Etat, en organisant "la traque des sans papiers", se rend "complice des violences faites aux femmes." Car derrière le symbole, les règles restent les mêmes. Les règles, que la préfecture a suivies en toute logique républicaine, et qui veulent que chaque année 30 000 personnes sans papiers, fussent-elles des femmes victimes de violences, soient expulsées de France.

 

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