|
La Commission européenne vient de confirmer les craintes des anti-OGM, en autorisant ce mardi 2 mars l'arrivée sur le continent de nouveaux produits agricoles génétiquement modifiés (la culture de la pomme de terre Amflora développée par BASF et la commercialisation de plusieurs variétés du maïs MON 863 de Monsanto).
« Nous devons continuer à aller de l'avant dans la nouvelle ère des nouvelles technologies », a justifié le commissaire à la Santé et à la protection des consommateurs, le Maltais John Dalli.
Le même déclarait un mois plus tôt, devant les députés européens : « Mon grand principe demeure de privilégier la sécurité avant tout. » La Commission européenne appuie sa décision sur les avis favorables de l'AESA, l'Agence européenne de sécurité des aliments. Une agence qui se trouve elle-même controversée, après que sa responsable est devenue lobbyiste pour un industriel producteur d'OGM.
L'autorisation de la culture de l'Amflora est la première du genre depuis 12 ans, dans une Europe jusque là réticente. Catalogué comme très favorable aux OGM, le président de la Commission José Manuel Barroso prend le risque d'un bras de fer avec de nombreux pays de l'Union qui, à l'instar de la France, s'opposent depuis des années à la commercialisation de ces organismes controversés. La culture des OGM en plein champ a d'ailleurs régressé de 15% en Europe entre 2008 et 2009.
L'Italie appelle à « un front commun de tous les pays » pour « défendre la santé des citoyens ». Pour Corinne Lepage, députée européenne, cette décision « constitue une véritable déclaration de guerre à l’égard des citoyens européens majoritairement opposés aux cultures OGM ».
|
Charte des commentaires et débats