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Six femmes sur 41 membres. Voilà la composition du Comité national de développement durable et de suivi du Grenelle de l'environnement, qui vient d'être mis en place pour suivre et évaluer la stratégie environnementale du gouvernement. L'association Adéquations s'insurge contre cet irrespect des engagements en matière d'égalité, et ce nouveau pied de nez aux fondamentaux pourtant fixés voilà 18 ans.
On pourrait penser que l'environnement est un secteur où les femmes sont particulièrement bien représentées. Pas faux, quand on considère par exemple la nouvelle "madame climat" de l'ONU, Christiana Figueres, la commissaire européenne à l'environnement Connie Hedegaard, ou en France les deux secrétaires d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno et Valérie Létard. Mais derrière ces fortes têtes, la composition des instances de décision peut rester profondément masculine. C'est le cas en France du Comité national de développement durable et de suivi du Grenelle de l'environnement (CNDDGE), que le gouvernement vient de mettre en place.
Cet organisme assurera « le suivi de la mise en œuvre des engagements du Grenelle de l'environnement » et sera « associé notamment à l'élaboration, au suivi et à l'évaluation de la stratégie nationale du développement durable et de la stratégie nationale de la biodiversité », selon le décret publié le 13 mai au Journal Officiel. Usine à gaz où réelle force de contrôle et de proposition ? On ne s'avancera pas sur le sujet.
Ce qui a surtout frappé l'association Adéquations - "qui informe et agit en matière de développement humain durable, de solidarité et d'égalité des femmes et des hommes" - c'est l'absence d'égalité des sexes dans ce Comité. Le CNDDGE est composé de 41 membres, nommés par le ministre, avec une composition en plusieurs collèges : Etat, élus, représentants des entreprises, organisations syndicales de salariés, organismes de protection de l’environnement, et associations oeuvrant dans des domaines sociétaux.
Adéquations a fait un simple calcul : le Comité est masculin à 80% ; à 85%, même, si l'on ne prend en compte que les membres titulaires. 35 hommes, 6 femmes (la liste des membres est consultable ici). Le collège des élus se distingue avec 8 titulaires hommes pour aucune femme. Les autres collèges ne font guère mieux : 1 femme et 7 hommes pour les ONG environnementales ; même ratio pour les syndicats comme pour les employeurs.
L'association s'insurge alors : « Outre qu'ils semblent ignorer les engagements français et internationaux en matière d'égalité des femmes et des hommes aux fonctions décisionnelles, les spécialistes du développement durable auraient-ils oublié les fondamentaux du développement durable ? » Des fondamentaux posés en 1992 à Rio de Janeiro à l'issue de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, dont la Déclaration affirmait dans son article 20 : « Les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l'environnement et le développement. Leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d'un développement durable. » Cela ne fait que 18 ans, peut-être un peu court encore pour qu'elles accèdent à la « pleine participation »...
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