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On aurait pu croire que le projet d'expérimenter en France des « salles de shoot », centres d'injection de drogue supervisés, était enterré suite à la fin de non-recevoir de Matignon. Mais les associations ne veulent pas en rester là, et le sujet continue de diviser l'UMP.
Mercredi 11 août, Matignon disait "non" aux « salles de shoot », en jugeant que de tels centres n'étaient « ni utiles, ni souhaitables ». C'est pourtant la ministre de la Santé qui, le 19 juillet, avait proposé d'ouvrir une concertation sur le sujet. Mais, en début de semaine, le secrétaire général de l'UMP et quelques députés marqués très à droite (ainsi que le Front national) s'étaient vigoureusement opposés à ces « salles de shoot ». Tout comme la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt).
C'est d'ailleurs à cette dernière que s'attaque en priorité, ce jeudi, un collectif d'associations (1), qui appellent le Premier ministre « à mettre fin à la démagogie obscurantiste » de la Mildt, et « à tenir compte des leçons de notre expérience de terrain et des études scientifiques dont la valeur scientifique est inattaquable ». Référence à l'Inserm qui s'est déclarée favorable à l'ouverture sous conditions de salles d'injection. Ces "centres d'injection supervisés" (CIS, pour l'Institut médical) existent actuellement dans 8 pays, et « ont fait leurs preuves sur la réduction de la morbidité et de la mortalité associées aux overdoses. » Ils « assurent une promotion de l’hygiène de l’injection ». Et « tous les CIS évalués ont fait la preuve de leur capacité à assurer un fonctionnement stable, garantissant de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité pour les usagers et le personnel », notait l'Inserm dans son rapport publié le 30 juin.
Malgré la fin de non-recevoir de Matignon, la pertinence des « salles de shoot » continue donc de faire débat. Et à diviser l'UMP. Symbole de ce cafouillage, le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin a répété sur RTL qu'il était prêt à expérimenter dans sa ville une salle de consommation supervisée de drogue, mais qu'il se rangerait à la décision du Premier ministre. Tandis que sur Europe 1, le président du Sénat se disait favorable à l'ouverture d'une mission parlementaire. « Il y a là un vrai débat à avoir », estime Gérard Larcher.
(1) Le collectif regroupe Asud (usagers de drogues), Act Up, Anitea (intervenants en toxicomanie et addictologie), SOS Hépatites, Safe, sallesdeconsommation.fr, Gaïa.
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