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La baisse du prix de trois marques de tabac, lundi 5 juillet, a choqué la ministre de la Santé et les associations de lutte contre le tabagisme. Les trois produits concernés - deux marques de cigarettes et une de tabac à rouler - sont des « produits d'appel » et sont « particulièrement prisés par les jeunes et les personnes démunies », alerte le CNCT (comité national contre le tabagisme) qui évoque un « piège » des cigarettiers.
L'Etat ne peut pas empêcher les fabricants de baisser leurs prix. Mais Rosleyne Bachelot, « scandalisée », a annoncé dimanche sur RTL son intention de répliquer en augmentant la fiscalité sur le tabac. Le CNCT soutient également une hausse des taxes, de l'ordre de 10%. Difficile de croire, toutefois, que la ministre de la Santé tombe des nues puisque ces baisses de prix ont été publiées au journal officiel, et les industriels assurent que le gouvernement était au courant.
En 2008, la France comptait 11,8 millions de fumeurs quotidiens. Leur nombre a fortement baissé en quelques années. En particulier chez les femmes et les jeunes. A 17 ans, ils étaient 41% à fumer régulièrement en 2000, 29% huit ans plus tard.
Mais la chute a surtout eu lieu au début des années 2000. En particulier après de fortes hausses en 2003, quand par les taxes l'Etat a fait grimper de plus d'un euro le prix moyen du paquet de cigarettes. En 2007, l'interdiction de fumer dans les lieux publics, et une hausse des prix de 6%, n'ont pas eu d'influence sur la consommation. Depuis 2004, les ventes sont restées globalement stables, et sont même légèrement reparties à la hausse en 2009, selon les estimations de l'OFDT (observatoire français des drogues et des toxicomanies).
En baissant leur prix ce lundi, les cigarettiers ont sans doute finalement aidé le gouvernement à relancer la hausse des taxes sur le tabac. Afin de réduire le nombre de fumeurs, mais aussi afin d'encaisser un peu d'argent frais. Le ministère de la Santé l'envisage depuis longtemps, mais doit composer avec les buralistes qui voient d'un mauvais oeil une nouvelle hausse des prix. En novembre dernier, les prix du tabac avaient augmenté de 6%. Mais il s'agissait d'une hausse du prix minimum fixé aux industriels, et non pas de la fiscalité, dont le produit permet de financer la Sécurité sociale.
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