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C'est une nouvelle version de David contre Goliath. Un conte moderne également, témoin d'un antagonisme entre « vieille presse » et nouveau site d'information.
La société éditrice de deux titres de presse écrite, le Bien Public et Le Journal de Saône-et-Loire, poursuit dijOnscOpe, site d'information indépendant né il y a quelques mois dans la région de Dijon. L'audience en référé devait se tenir mardi 1er juin au tribunal de grande instance de Nancy, elle a été reportée au mardi 29 juin.
L'objet du délit ? La revue de presse de dijOnscOpe, qui de temps à autre reprend des articles de ces titres de presse. A l'image de la revue de web des Nouvelles News, à une différence près : les liens de la revue de presse renvoient à la fois à une page propre à DijOnscOpe et à celle de l'article du journal cité, par un système de « frame », comme ici :

Le site cité est clairement défini, mais l'adresse principale reste celle de dijOnscOpe. Il s'agit là de « contrefaçon » et de « concurrence déloyale », pour les avocats du Bien Public et du Journal de Saône-et-Loire, qui demandent 40.000 euros de dommages et intérêts, accompagnés de 10.000 euros par jour et par article publié sur le site. De quoi signer la mort du site qui ne compte pas encore un an d'existence.
A la veille de l'audience, la fondatrice de DijOnscOpe Sabine Torres se défend dans un article, invoquant le droit de citation : « Citons-nous les publications ? Oui. Proposons-nous un lien direct vers leurs sites ? Obligatoirement. Respectons-nous le travail de nos confrères ? Incontestablement, oui. »
DijOnscOpe est, comme les Nouvelles News, membre du Spiil. Le syndicat de la presse indépendante d'information en ligne soutient le jeune site d'information, face à l'attaque exagérée de ses confrères, sans toutefois cautionner son système de « frame ». Edwy Plenel, président de Mediapart, défendait dijOnscOpe lors d'une conférence de presse, lundi 31 mai, soulignant que dans ce domaine la jurisprudence reste à inventer.
Egalement membre du Spiil, Mediapart s'interroge en détail sur la pratique du lien sur internet. Et,s'il note que « DijOnscOpe a commis des erreurs », il remarque surtout que le jeune site « bouleverse le monopole de la presse quotidienne régionale », ce qui peut expliquer les inimitiés d'un groupe de presse défendant sa position dominante. Pour Edwy Plenel, pas de doute : « derrière cette attaque, on prend un petit prétexte qui aurait pu s'ajuster à l'amiable pour faire la police, c'est à dire tuer le pluralisme naissant. »
Voir la vidéo de la Conférence de presse :
http://www.youtube.com/user/dijonscope#p/u/8/QhqP2c4VIVI
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