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Bruits et chuchotements
- Écrit par Isabelle Germain
- Samedi, 27 Mars 2010 16:17
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Le silence de l’info : Dans une affaire de viol par un policier usant de son autorité sur des gardées à vue, des avocats ont plaidé « fille facile » et « problèmes de communication » pour tenter de transformer la victime en coupable et vice versa. Les faits : Un policier marseillais a été condamné mercredi à neuf ans de prison par la Cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour un viol commis le 23 juillet 2008 et des agressions sexuelles sur cinq jeunes femmes au cours de leur garde à vue. En juillet 2008, Michèle Alliot-Marie alors ministre de l'Intérieur, avait dénoncé des "faits inadmissibles". Et les avocats des plaignantes ont fait leur travail soulignant que « son acceptation n'était pas libre », pour expliquer la soumission de celle qui a accepté sous contrainte de faire une fellation. Mais du côté du policier, la défense a basé son argumentation sur l’attitude des femmes violées ou harcelées. Peu ou pas d’arguments sur les difficultés du métier ou sur l’histoire personnelle du policier. L’intéressé lui-même n’a pas songé à présenter quelque excuse, il a même dit être « un mec normal ». Et les avocats de rester dans ce registre. Ainsi, rapporte une dépêche AFP : "Souvent les viols sont des problèmes de communication", a enfin avancé Me Bismuth, estimant que son client s'était "mépris de bonne foi", pensant "peut-être que c'était une fille facile". "C'est un peu l'amour au bureau", a-t-il dit. Dans « les filles faciles n’existent pas » (ed Michalon), Natacha Henry tente d’en finir avec ce concept de "fille facile" permettant une manipulation trop souvent pratiquée : transformer les victimes en coupables. La condamnation de ce policier donne un coup d'arrêt à cette gymnastique, mais elle mériterait plus de médiatisation. A lire certains commentaires dans le figaro ou sur le Blog d'Olympe, il semblerait qu'il y ait encore beaucoup de chemin à faire.
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