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Solidarité Mis en ligne le 30/01/12 I Rédaction par Arnaud Bihel
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« Taxe au rabais », « volte-face », « mascarade »... les ONG qui plaident pour une taxe sur les transactions financières s'insurgent de la mesure précisée dimanche soir par le chef de l’État. Un projet qui renie les engagements claironnés jusque là.


Au début de l'année, cela ressemblait à un spectaculaire revirement : seul contre tous ou presque, Nicolas Sarkozy allait défendre l'instauration en France d'une taxe sur les transactions financières (TTF). Mais lors de son intervention télévisée, dimanche 29 janvier, le chef de l’État a douché les espoirs des ONG qui plaident pour une réelle taxation de la finance dérégulée.

« Une mesure purement symbolique »


Nicolas Sarkozy l'a expliqué : à partir du mois d'août, toute entreprise cotée en France paiera une taxe de 0,1% sur les achats d'actions et certains achats spéculatifs. C'est bien trop peu, aux yeux des ONG. Ainsi, l'équivalent britannique de cette TTF a minima, la Stamp Duty, s'appuie sur un taux de 0,5%.
Selon le président de la République, la mesure rapporterait un milliard d'euros par an. Ridicule, estiment encore les ONG. « A Taïwan, une économie pourtant 7 fois inférieure à celle de la France, la taxation des transactions financières rapporte près de trois milliards d’euros par an », affirme ainsi Oxfam France qui dénonce « une mesure purement symbolique », une « taxe au rabais ».
Le chef de l’État l'a affirmé dimanche soir : il entend, par cette taxe, faire porter ses responsabilités à « la finance dérégulée ». Seulement, fait remarquer ATTAC, la TTF à la française ne s'appliquera « ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. » Pour Luc Lamprière, directeur d'Oxfam France, cette annonce « répond en réalité aux attentes des lobbys financiers qui mènent bataille contre cette mesure. »

L'aide au développement aux oubliettes

Même remarque chez ATTAC, promoteur historique de la TTF : « on est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une  réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses, au plan national et international ».
De redistribution des richesses, il n'en est plus question en effet. Si la nature de la taxe déçoit les ONG, l'utilisation de ses revenus que compte en faire la France les choque encore davantage. Sur ce point, Oxfam dénonce une « volte-face » du chef de l’État : la taxe servira à « résorber le déficit » public, a-t-il affirmé dimanche soir. L'engagement de Nicolas Sarkozy était en effet tout autre, deux mois plus tôt, à l'issue du G20.
Dans son discours final, le 4 novembre,  il répétait alors à plusieurs reprises que le rôle de la TTF était de « soutenir le développement ». Et concluait ainsi : « La France considère qu'une partie à définir – importante, majoritaire, totale - du produit [de la taxe] doit aller au développement ». La solidarité internationale n'aura pas survécu à la campagne nationale.
« A trois mois des élections, le président-candidat présumé nous annonce une taxe de mascarade pour renflouer les caisses de l’État et non plus pour aider les plus pauvres », résume Guillaume Grosso, le directeur pour la France de l'ONG ONE.


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Commentaires  

 
#3 Lili le Mercredi 01 Février 2012 à 09:28
En même temps la réaction de David Cameroun ("nous sommes prêts à accueillir les entreprises et les banques françaises") malgré son côté provoc idéologique, m'a fait réfléchir sur cette taxe que je trouve positive au départ.
il est clair que si elle n'est appliquée qu'en France, elle va générer des délocalisations de sièges d'entreprises et de banques ou centres boursiers, donc des destructions d'emplois directs mais aussi indirects par l'encouragement la puissance de la bourse dans les paradis fiscaux...
Seule une action européenne voire mondiale est efficace...
 
 
#2 chabian le Mardi 31 Janvier 2012 à 20:10
TTF ? TTF ? Truc trompeur d'un fumiste ? etc.
 
 
#1 sophieD le Lundi 30 Janvier 2012 à 14:11
Pourtant, c'est pas le genre du président de pas tenir ses promesses
 

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