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Solidarité
Mis en ligne le 27/09/11
Depuis un an, l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet coordonne, à la demande de l'Organisation internationale du travail (OIT) un groupe de travail sur le socle de protection sociale mondial. Mardi 27 septembre, ce groupe a rendu public son rapport à l'occasion d'une réunion des ministres du Travail du G20 et à l'approche du sommet de Cannes, début novembre. Le document (disponible en anglais) rappelle qu'en 60 ans, le PIB dans le monde a été multiplié par dix. Mais plus de 5 milliards de personnes, les trois quarts de l'humanité, n'ont toujours pas de couverture sociale adaptée, en terme entre autres d'accès aux soins, à des allocations de chômage ou de retraite (voir encadré). Le groupe de travail déplore que la protection sociale soit « une pièce manquante » de la mondialisation. Elle est pourtant « nécessaire, faisable et efficace ».
Possible partout « Bien sûr, le socle de protection sociale ne doit pas être considéré comme une solution miracle aux problèmes sociaux dans le monde », et il n'y a pas de standard universel, admet le rapport Bachelet. « Mais un large panel d'expériences montre que les États peuvent agir plus efficacement contre la pauvreté et l'exclusion sociale si ces sujets sont abordés de façon cohérente et consistante », poursuit-il. Dans les pays développés, les taux de pauvreté et d'inégalité seraient deux fois plus élevés sans les filets de protection sociale qu'ils ont bâtis de longue date. Et leur mise en œuvre est possible quel que soit le niveau de développement puisque, souligne le rapport, des pays comme la Chine, le Brésil, le Rwanda ou le Viet-Nam ont su mettre en œuvre des programmes de protection sociale « dans des délais très brefs ». Même dans des pays à bas revenus, la mise en place d'un socle minimum est possible, à la faveur de quelques efforts. En février dernier, le directeur du Département de la sécurité sociale de l'OIT relevait qu'en dégageant 3 à 4% supplémentaires de leur PIB, les pays en développement pourraient réduire la pauvreté d'environ 40%. Mais dans les pays les plus pauvres - en particulier en Afrique sub-saharienne - un soutien international sera nécessaire. ONG vigilantes Pour favoriser l'action, le groupe de travail appelle à la création d'un mécanisme inter-agences de coordination, liant des experts de l'ONU, des ONG, des États et les institutions financières internationales. Ils pourraient dans un premier temps soutenir des programmes dans un groupe pilote de pays en développement. Le rapport appelle le G20 à être l'initiateur de ce mécanisme. Nicolas Sarkozy l'a encore assuré, lundi 26 septembre, en marge de la réunion des ministres du Travail du G20 : « Il faut passer à l'action ». La présidence française en a fait l'une de ses priorités cette année. Une parmi d'autres. Le sommet du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre permettra d'y voir plus clair entre grands discours et réelle volonté d'aller de l'avant. Car le rapport Bachelet rappelle une bonne raison de douter : les récents effets de la crise économique dans les pays développés « ont inclus des réductions dans les budgets de protection sociale ». « Les déclarations d’intention sont là, il convient de passer aux actes », renchérissent Oxfam et Médecins du Monde. Ces ONG se faisaient entendre elles aussi en marge de la réunion des ministres du G20 à Paris, et seront présentes à Cannes pour faire pression sur les décideurs. Photo : OIT. Michelle Bachelet et le Secrétaire général de l'OIT Juan Somavia, juin 2011. LA SELECTION
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Commentaires
quelques éléments de réponse à vos remarques pertinentes.
Un socle de protection sociale tel que proposé par Michelle Bachelet repose sur l'Etat. La question du contrat de travail ne se pose pas. Mais pour ce qui est de l'économie parallèle, le rapport souligne en effet (p.66) évoque l'économie parallèle en soulignant la nécessité de lutter contre la corruption « pour assurer un espace fiscal au financement de la protection sociale ». Selon une estimation de l'Union africaine en 2002, la corruption en Afrique sub-saharienne a fait disparaître la moitié des revenus fiscaux.
Face aux risques de corruption en aval, le rapport estime (p.78) que le développement des nouvelles technologies permet une meilleure efficacité des transferts sociaux. Mais ça n'est peut-être pas si évident face aux situations de backchich que vous décrivez.
Je le vois au Maroc où la plupart des gens sont persuadés qu'il n'y a pas de sécurité sociale. Si, elle existe, mais pour une minorité de travailleurs salariés et déclarés. Encourageant tout le système de bakchich dans les hôpitaux dès qu'ils ont besoin d'être soignés. Système entretenu par ailleurs par les bas salaires des médecins, etc, etc.
Est-ce que Michelle Bachelet intègre ces difficultés dans son projet?
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