|
Parité
Mis en ligne le 21/06/11
La Cour Suprême des Etats-Unis a fermé la porte à une plainte collective contre le géant de la grande distribution, accusé de discrimination sexiste aux salaires et aux promotions. La bataille judiciaire va se tourner vers les tribunaux locaux. Le jugement de la Cour Suprême, rendu lundi 20 juin, vient clore 10 ans de procédure. En 2001, Betty Dukes et six employées de Wal-Mart s'attaquaient en justice au géant américain de la grande distribution, qu'elles accusent de discriminations à grande échelle à l'encontre des femmes. En 2007, une cour fédérale les autorisait à mener une "class-action". Autrement dit, à représenter plus d'un million d'employées ou ex-employées, depuis 1998, défavorisées par rapport aux hommes en termes de salaires et de promotions. La promesse d'un procès gigantesque, avec des millards de dollars à la clé. Pas de preuve significative Mais le procès historique ne se tiendra pas. Saisie par Wal-Mart, la Cour Suprême reprend dans son jugement les arguments développés par la firme lors de l'audience, en mars dernier : rien ne vient établir une stratégie concertée de discrimination fondée sur le sexe. Lors de l'audience, les plaignantes avaient mis en avant les travaux d'un statisticien. Richard Drogin concluait que les femmes, qui représentent les deux-tiers des salariés de Wal-Mart, « occupent de façon disproportionnée les emplois les moins bien payés, et gagnent moins que les hommes aux mêmes postes ». Les juges ne contestent pas que des femmes aient été discriminées par des directeurs locaux. Mais selon eux, une "class-action" doit s'appuyer sur la preuve d'une « culture d'entreprise enracinée et uniforme ». Or, à leurs yeux, il n'existe pas de « preuve significative » que Wal-Mart a « mis en oeuvre une politique globale de discrimination ». La diversité des situations, dans un groupe qui compte 3 400 magasins, ferme la porte à une plainte en nom collectif. Vers des procès à petite échelle Ce jugement n'est pas vraiment une surprise. Deborah Hensler, de l'université de Stanford, estimait dès novembre dernier que la Cour Suprême, « favorable au business, est hostile aux class actions contre les entreprises ». De l'avis de plusieurs observateurs, cette décision rendra plus difficile à l'avenir des procédures judiciaires de grande ampleur contre les discriminations. Le site Walmartclass.com, qui fédère les plaignantes, affiche sa déception. Mais jure que « le combat pour la justice continue », sous d'autres formes : la décision de la Cour Suprême n'empêche en rien que des procès aient lieu à l'échelle locale. « C'est une tâche énorme qui s'annonce », admet le collectif qui affirme être en contact avec 12 000 femmes. Dans le New-York Times, l'un des avocats des plaignantes, Joseph Sellers, fait la même analyse : « le dossier va être découpé en de nombreux dossiers qui risquent dêtre plus longs et plus difficiles à juger ». LA SELECTION
Pub olympique pour la mère sacrificielleAttention, message très stéréotypé de la marque mondiale Procter&Gamble, sponsor des Jeux olympiques. |
SEXISME ORDINAIRE
Les justifications du patron de l'UMP, qui n'a investi que 25% de femmes aux législatives, peinent à...
Pour Patrick Cohen de France Inter, une femme qui en critique une autre est forcément jalouse.
Revue de web
Après le « plaider coupable » de Jean-François Copé, des voix s'élèvent à l'UMP...
"La culture, ce n'est pas un luxe, c'est ce qui rassemble" a rappelé la ministre. Et elle l'a...
La place faite aux femmes dans le futur gouvernement, qui sera nommé mercredi, continue d'agiter...
Articles liésTop news
Le Conseil constitutionnel abroge la loi condamnant le harcèlement sexuel, car elle ne définit pas...
Après des mois de controverse, le magazine Vogue s'engage à bannir de ses pages les mannequins trop...
En abrogeant la loi sur le harcèlement sexuel, le Conseil Constitutionnel s’expose à des plaintes...
Alors que le nouveau président de la République promet un gouvernement paritaire, un documentaire...
Débat du momentQu'est-ce que la richesse ?Et si on changeait d'indicateurs pour orienter autrement les politiques publiques ? Plus de Nouvelles News |
Commentaires
Ce qui se passe chez l’américain Wal Mart : mieux qu’à Carrefour
Posté par: Flavia Labau
Angoisse de l’état major du géant de la distribution américaine. Il attend la décision de la Cour Suprême pour savoir si le personnel féminin de la plus grande entreprise du monde (408 milliards de dollars chiffre d'affaires en 2010) et de la 5ème capitalisation mondiale est autorisé à lancer une « class action » qui pourrait lui coûter très cher : rien de moins que les même droits salariaux et de promotion entre hommes et femmes. Les avocats viennent de déposer leurs conclusions en même temps que ceux de l’accusation. !
Si la réponse du tribunal est positive, elle constituerait un triomphe sûrement inespéré pour Betty Dukes et son groupe de copines qui ont pris le mors aux dents un jour de 2001, fatiguées de se voir systématiquemen t doubler sur les bulletins de salaire par les mâles à compétences équivalentes. Parties à six, elles sont aujourd’hui 1,5 million à porter la revendication après avoir franchi un premier écueil en 2004 : l’obtention d’un premier jugement fédéral les autorisant à représenter leur 1.499.994 collègues.
C’est le principe de la class action, illustrée par le film Erin Brockovich, avec Julia Roberts en vedette et dont le français Vivendi, après la récente décision de la Cour fédérale du District Sud de New York, va faire les frais pour une affaire l’opposant à certains de ses actionnaires. Une ou plusieurs victimes peuvent demander réparation par une action unique pour elles-mêmes et pour le compte de personnes identifiées ("class" ou catégorie) ayant subi des préjudices individuels qui ont été causés par le fait d'un même auteur et dont l'origine est commune.
.../...
metamag.fr/.../
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.