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Parité Mis en ligne le 17/06/11 I Rédaction par La rédaction
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éducation recrutementLa lutte contre le sexisme, ça commence à l'école. Et depuis dix ans une loi prévoyant l'éducation au genre obligatoire doit entrer en vigueur. Mais quand le ministère de l'Education nationale recrute, sa campagne de pub comme le site internet dédié restent englués dans les stéréotypes.


 Dix ans après son inscription dans la loi, l'éducation au genre devrait enfin trouver sa place dans tous les collèges et lycées à la prochaine rentrée. C'est en tout cas ce qu'a promis à plusieurs reprises, ces derniers temps, le ministre de l'Education Luc Chatel.

Mais le ministère lui-même aurait bien besoin de formation. Car la campagne de recrutement qu'il vient de lancer, via des affiches et un site internet dédié, verse allègrement dans les stéréotypes (1).educ homme

Pour la campagne d'affichage, deux visuels : un jeune homme, une jeune femme. Elle lit et a « des rêves », il est penché sur son PC et a « de l'ambition ».

Voilà qui reproduit parfaitement le traitement différencié des filles et des garçons à l'oeuvre à l'école. La fille littéraire et le garçon technologique ; la fille passive, le garçon combattif.... des clichés toujours à l'oeuvre, inconsciemment, chez les enseignants et dans les manuels scolaires, comme le relevait l'an dernier une étude européenne sur les stéréotypes de genre dans l'éducation (2). 


Deux genres, deux mesures


Et les stéréotypes de cette campagne de communication ne s'arrêtent pas là ! Le site leducationrecrute.fr présente les différents métiers de l'Education nationale. On peut ainsi devenir infirmièr(e) ou assistant(e) de service social : sur toutes les pages du site, le (e) assigne un double genre à ces métiers. C'est un progrès : des métiers féminisés jusqu'à leur nom (et effectivement occupé par des femmes à plus de 96% dans le second degré) peuvent aussi être perçus au masculin. Mais le progrès ne va que dans ce sens.

Sur le même site, tous les autres métiers, grammaticalement masculins, n'ont pas le droit à la féminisation par le (e). Il est vrai que le terme de professeure est encore peu usité, même si les femmes représentent près de 58% des enseignants en collège et lycée. Mais un conseiller principal d'éducation, ou un conseiller d'orientation-psychologue, peuvent tout à fait être des conseillères. (Ce qui est d'ailleurs le cas, en large majorité : près de 70% des CPE et plus de 80% des personnels d'orientation dans le second degré sont des femmes).

De ce fait, le ministère ne respecte pas les règles qu'il s'est lui-même fixées. C'était en 2000, et l'heure était alors à l'adoption d'une « démarche exemplaire ». Une note demandait aux responsables de l'ensemble des services de l'Education nationale, « à chaque fois qu'il s'agit de termes dont le féminin est d'usage courant, d'utiliser l'appellation professionnelle féminine dans tous les textes et documents émis par vos services ». La note les appelait à se référer au « Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions », édité un an plus tôt. Voilà de quoi bachoter pour les services du ministère.


(1) Le syndicat UNSA le relevait dès le 1er juin, Rue89 y revient à son tour.

(2) Des clichés évidemment pas cantonnés à l'école. Les bodys fille/garçon de la marque Petit Bateau en sont un autre exemple flagrant.


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Commentaires  

 
#8 lejournaldepersonne le Lundi 20 Juin 2011 à 11:33
Fête des paires
Lui- je voudrais inscrire mon enfant dans votre établissement, est-ce que je peux savoir les conditions d’admission ?
Elle- il est comment votre enfant ?
Lui– C’est un petit garçon
Elle- Je ne vous parle pas de son identité sexuelle, mais de son orientation sexuelle… c’est un sujet réel...
Lui- mais il a à peine 4 ans ?
Elle- ce n’est pas une question d’âge mais d’encodage ! Avant on disait que le genre était féminin ou masculin. Aujourd’hui c’est révolu !
On cherche à déterminer la tendance, l’inclination, la préférence si vous préférez...

lejournaldepersonne.com/.../...
 
 
#7 Maricha le Dimanche 19 Juin 2011 à 12:22
Tous les clichés y sont: ambiance rose pastel pour la femme, bleue pour l'homme; loisir pour la femme, travail pour l'homme; livre papier pour la femme, internet et technologie pour l'homme; rêve pour la femme, ambition pour l'homme; attitude passive pour l'une, active pour l'autre... Mais qui va garder les enfants ?
 
 
#6 Léa le Dimanche 19 Juin 2011 à 10:42
Oui enfin faut pas pousser non plus, le nombre de postes au concours se réduit chaque année, des milliers de jeunes passent ce concours sans succès, alors encourager des gens à préparer un concours avec des chances proches de zéro de réussir c'est envoyer les gens au casse-pipe. Je ne comprends même pas pourquoi l'éducation nationale fait une campagne de recrutement.

Ensuite les filles qui deviennent prof le font souvent par idéalisme pédagogue et pour avoir des horaires compatibles avec une famille; et si les garçons fuient l'éducation Nationale c'est justement à cause de cette imagage trop "travailleur social" du prof.

S'ils veulent des hommes profs (car il y en a de moins en moins), faut surfer sur les attentes des hommes : reconnaissance sociale et ambition. Et salaire aussi mais là c'est pas si facile...

C'est cliché? oui. Mais allez chercher la dernière étude sur les attentes des jeunes de terminales quant à leur futur métier, les réponses des filles et des garçons sont très typées : relationnel et utilité pour les filles, salaire et reconnaissance pour les garçons.
 
 
#5 De profundis le Dimanche 19 Juin 2011 à 08:35
@Joke, en effet c'est une arnaque à plusieurs tiroirs cette affaire. En même temps, s'ils disent venez vous faire agresser chez nous et oubliez les postes de direction si vous êtes une femme, ce n'est pas très vendeur...
 
 
#4 Joke le Samedi 18 Juin 2011 à 06:30
Lu dans Alternatique Economique :

LE TEXTO DE LA SEMAINE
Démago et sexiste à la fois... Laura, de lin rose vêtue, bouquine dans une pose lascive non loin de sa cuisine : elle a trouvé le poste de "ses rêves". Julien, en chemise bleue, manches retroussées, travaille sur son ordinateur : il a trouvé un job à la hauteur de "ses ambitions". C’est sur la base des clichés sexistes les plus éculés que l'Education nationale cherche à recruter 17 000 enseignants. Il faut dire que les "clients" ne se bousculent plus du tout au portillon pour être lancés, sans aucune formation pédagogique, dans des classes surchargées du fait des milliers de suppressions de postes qui se poursuivent en parallèle.

tr1.bp51.net/.../
 
 
#3 Joke le Vendredi 17 Juin 2011 à 15:39
Le rêve des femmes, l'ambition des hommes...
Certes...
Mais l'essentiel n'est pas là, il me semble.
L'image de Laura (Smet ?) jeune, jolie, calme pour montrer à TOUS - et pas seulement aux futurs prof(e)s - qu'être prof(e), c'est vachement COOL. À la fin de la journée, on s'installe négligemment sur le rebord de la commode de sa chambre pour bouquiner.
Le publicitaire et, surtout, le commanditaire de cette pub montrent leur ignorance crasse de la réalité de la vie de l'immense majorité des enseignant(e)s et pas seulement de ceux qui travaillent dans les quartiers "difficiles".
Ignorance, que dis-je ! Leur profond mépris.
Quant à l'ambition du "mec", elle se bornera bien vite à essayer de terminer chaque heure de cours sans être la cible de ce qu'on appelle aujourd'hui des "incivilités".
 
 
#2 Hypathie le Vendredi 17 Juin 2011 à 14:45
Qu'attendre d'une boîte qui pond les sujets suivants au bac (irritant marronnier obligatoire hier), je cite : "La culture dénature-t-elle lome ?" et "Lome est-il condamné à se faire des illusions sur LUI-même ?" ? Ils sont indécrottables, ils le prouvent tous les jours !
 
 
#1 maco le Vendredi 17 Juin 2011 à 10:28
il y a 40 ans le CPE d'un lycée professionnel doutait de ma légitimité d'enseigner les math,et la physique à des garçons.Du français encore....me dit-il.
Je constate avec amertume que ça n'a pas beaucoup changé... Pourqoi?
 

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