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Civilisation Mis en ligne le 24/01/12 I Rédaction par Arnaud Bihel
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En Égypte les partis islamiques, qui représentent la grande majorité de la nouvelle Assemblée, refusent de s'engager pour les droits des femmes, fait savoir Amnesty International.


La future Constitution égyptienne « doit se fonder sur la non-discrimination et l’égalité entre hommes et femmes », exhorte Amnesty International. Au Caire, l'Assemblée du peuple nouvellement élue tenait sa première séance, lundi 23 janvier. Entendra-t-elle cet appel ? Rien n'est moins sûr. L'ONG avait soumis aux partis politiques égyptiens en campagne un « manifeste des droits humains », qui contenait 10 engagements (détaillés ici) ; les réponses dévoilées mardi n'incitent pas à l'optimisme.
Mettre un terme à l'état d'urgence, combattre la torture, garantir l'équité des procès, faire respecter la liberté d'association et d'expression, appliquer les droits des habitants des bidonvilles... autant d'engagements que la grande majorité des partis ont pris, par écrit ou par oral, auprès de l'ONG. Ce qu'Amnesty juge « encourageant ».

Les Frères musulmans restent muets


Mais la quasi-totalité des partis interrogés se déclarent opposés à un moratoire sur la peine de mort et son abolition à terme. Et nombre d'entre eux, qui représentent une très large majorité dans la nouvelle Assemblée, ont également refusé de s'engager sur les droits des femmes – notamment l'égalité en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d'héritage (1). Plusieurs partis, note l'ONG, « ont invoqué la loi islamique pour expliquer leur refus ».
C'est le cas du parti salafiste Al Nour, qui a remporté le quart des sièges à l'Assemblée. Quant au parti de la liberté et de la justice (PLJ, issu des Frères musulmans), qui a raflé près de la moitié des sièges et décroché la présidence de l'Assemblée, il n'a jamais donné suite aux demandes d'Amnesty, « malgré les efforts considérables déployés pour connaître ses opinions. »

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508 députés, 10 femmes


Les partis qui ont pris l'engagement de protéger les droits des femmes totalisent moins de 100 sièges, moins de 20% de l'Assemblée. Et ce ne sont pas les femmes elles-mêmes qui pourront défendre leurs droits dans cette enceinte : sur 508 députés elles ne sont que... 10.
« D'énormes obstacles restent à franchir pour que les femmes puissent jouer pleinement leur rôle dans la vie politique en Égypte », commente le directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient. « Les hommes et les femmes étaient côte à côte dans les manifestations et ont été les acteurs du mouvement qui a conduit au départ de Moubarak et à ces élections. Refuser l'égalité doucherait l'espoir que l'Égypte entre dans une nouvelle ère de respect des droits et de dignité pour tous », ajoute Philip Luther.


Signe que le chemin à parcourir reste long, Amnesty International dressait ce portrait déprimant de l'Egypte en lançant son manifeste, en octobre 2011 :
« L'Égypte dirigée par le Conseil suprême des forces armées semble très éloignée des promesses du soulèvement. L'état d'urgence devait être levé, mais la Loi s'y rapportant a de nouveau été promulguée dans son intégralité, et même étendue. Le Service de renseignement de la sûreté de l'État, connu pour sa brutalité, a été supprimé, mais des milliers de civils ont été jugés par des tribunaux militaires au cours de procédures inéquitables. Des promesses ont été faites quant à la liberté d'expression, d'association et de réunion, mais toute critique des autorités fait l'objet de répression, des militants sont pris pour cibles, des ONG menacées de poursuites judiciaires et des manifestants arrêtés arbitrairement et dispersés par la force. Les pouvoirs publics ont promis une plus grande participation politique, mais les femmes sont marginalisées. De nouveaux syndicats ont été autorisés, mais les grèves sont interdites. Des millions d'habitants de bidonvilles n'arrivent toujours pas à se faire entendre. »


(1) Selon le 9ème engagement : « Les femmes doivent être partenaires à part entière du processus de réforme politique et relative aux droits humains. La loi doit reconnaître l'égalité des droits des hommes et des femmes en matière de mariage, de divorce, de garde d'enfants et d'héritage. Les femmes doivent bénéficier d'une protection juridique contre la violence domestique, y compris le viol conjugal et le harcèlement sexuel. Les articles 260 à 263 du Code pénal doivent être modifiés de manière à autoriser l'avortement pour les femmes et les filles victimes de viol et d'inceste ou dans le cas où la grossesse met en danger la santé de la mère. La Loi n° 126 de 2008 doit être modifiée afin les mutilations génitales féminines soient prohibées en toutes circonstances. »

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Commentaires (Abonné-e : connectez-vous pour commenter)   

 
#2 Berenice 24-01-2012 22:37
T'as le droit à l'IVG mais seulement si t'as subi un viol ou un inceste, (et attends, va falloir le prouver que t'étais pas consentante, hein...)
C'est ça les droits humains???? J’arrête là, ça me rends malade.
Citer Signaler à l’administrateur
 
 
#1 Masson Marie 24-01-2012 19:10
"refusent de s'engager pour les droits des femmes" et la peine de mort!
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