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Civilisation Créé le mardi 24 janvier 2012 11:00 Écrit par Isabelle Germain
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Pour faire baisser le nombre de divorces, la ministre de la Famille va lancer un « kit de préparation au mariage civil » afin de mieux informer les futurs époux sur le contenu juridique d’un mariage. Mais les causes du divorce sont ailleurs…



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Claude Greff, la secrétaire d’Etat chargée de la Famille, a annoncé la création du « kit de préparation au mariage civil ». Proposé aux maires de France il se composera d’un livret récapitulant les droits et devoirs des époux et d’un « référentiel de formation » pour le personnel des Hôtels de ville. En 2010 en France, 251 654 mariages ont été célébrés et 134 000 divorces comptabilisés par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). Claude Greff souligne que « les conséquences des divorces sont humaines, et en même temps financières ». Il faut en effet passer de un à deux logements, deux véhicules, deux prestations sociales pour les modes de garde... Jusque là, le constat est exact.
Mais la question juridique est rarement la cause du divorce. Dans une dépêche AFP,  Serge Gillotin, président de l'association Cap Mariage, signale que « par exemple, de nombreux mariés ne savent pas qu'ils s'engagent à être solidaires vis-à-vis de leur belle-famille ». En quoi la connaissance de cette règle juridique peut-elle éviter le naufrage d’une union ?  

Pourquoi ce sont les femmes qui demandent le divorce


Le livre du sociologue François de Singly « Séparée* », sorti fin 2011, a manifestement échappé aux concepteurs de ce kit. Il explique pourquoi on divorce et pourquoi ce sont les femmes qui le demandent dans plus des trois quarts des cas. Alors que ce sont elles qui en subissent les plus graves méfaits. Elles constituent le plus gros des bataillons des familles monoparentales paupérisées. C’est pour elles que les conséquences juridiques et économiques du divorce sont les plus dures. Pourtant, dans notre Histoire, ce sont toujours les femmes qui ont demandé d’abord une loi autorisant le divorce, puis le divorce une fois que cette possibilité leur a été offerte.
Parmi les causes de séparation identifiées par François de Singly, la perte d’identité des femmes. Particulièrement lorsque le couple a des enfants. Le plus souvent l’homme continue d’avoir une vie sociale à peu près inchangée tandis que la femme est priée d’assurer le quotidien, avec le sourire de préférence. 80 % des tâches domestiques lui reviennent, encore aujourd’hui. Alors la vie sociale s'en ressent. Et ce dévouement ne leur vaut aucune médaille, aucun piédestal. Elles travaillent en silence et deviennent transparentes.

Pas de reconnaissance, pas d'identité

François de Singly décrit ainsi ce cas de divorce le plus fréquent : « Ce sont des femmes qui, ayant tout donné pour le couple et la famille, se sentent niées dans leur être à la suite d’un manque de reconnaissance du mari, voire d’une tromperie. Elles se séparent pour survivre. »  Le sociologue rappelle que les hommes n’ont jamais poussé le législateur sur le divorce, la vie sans divorce leur convenait. « Dans le mariage bourgeois, encore dominant au début du vingtième siècle, comme modèle de référence, l’homme a une "épouse-mère" à la maison qui garantit la légitimité de la reproduction et qui l’accompagne en représentation. Il a par ailleurs sa vie, professionnelle, ses loisirs masculins et une relation sexuelle et même affective avec sa maîtresse », écrit-il dans Le Plus. La situation a évolué aujourd’hui avec la possibilité de divorcer, mais les causes du besoin d’ailleurs des femmes n’ont pas toutes disparu. Une meilleure information juridique des couples sur le point de convoler ne devrait pas changer quoi que ce soit à ce mal-être.

Politiques d'égalité ou durcissement de la loi sur le divorce ?


Lire sur Les Nouvelles News

Une fondation pour la famille traditionnelle contestée

Si le gouvernement veut vraiment faire passer l’envie aux femmes de demander le divorce, de véritables politiques d’égalité au travail et dans les tâches domestiques - les deux étant liées - seraient plus appropriées. Mais les voix qui le demandent ont du mal à se faire entendre.
Une nouvelle association, "Mercredi C papa" veut « que les hommes s’investissent davantage dans la vie familiale et pour une nouvelle organisation du travail qui ouvre hommes et femmes à une égale disponibilité sociale et familiale et un partage égalitaire des charges domestiques qui rend durablement possible pour chacun, homme ou femme, un véritable investissement professionnel », ainsi que l’écrit Antoine de Gabrielli, fondateur de l'association.

Mais on trouve aussi, parmi les réactions à l’annonce de la secrétaire d’Etat à la famille, d'autres sons de cloche. Le site Chrétienté info  estime que « le gouvernement serait bien inspiré de revenir sur la réforme du divorce promulguée en juillet 1975 - année noire -, ainsi que la loi de 2004, qui a simplifié la procédure de divorce. » Voilà qui est clair ! Il faudra plus qu’un kit pour faire baisser le nombre de divorces…

*Séparée, Vivre l'expérience de la rupture, François de Singly, Armand Colin


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Commentaires   

 
#6 Lili 29-01-2012 12:28
Merci Aziza. J'ai l'impression aussi que de plus en plus, chez les jeunes, le travail est devenu tellement envahissant(+ le transport) que les couples, même jeunes, perdent vite le contact avec leur conjoint faute de temps ensemble. Et quand arrive un enfant, là c'est l'explosion.

Ca aussi ça devrait être discuté tôt dans la vie de couple, enfants ou pas, et il faut vraiment apprendre à dire "non" au travail, et comprendre qu'on ne peut pas bosser 60 h /semaine voire plus et tenir longtemps à deux... Pour certains ça veut dire moins d'argent aussi, d'autres n'ont pas tout à fait le choix, mais bon faut savoir ce qu'on veut...

C'est toute la société qui doit évoluer vers un équilibre famille/boulot devenu prioritaire sur le présentéisme. Beaucoup de divorces viennent aussi de là.
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#5 09 Aziza 28-01-2012 18:54
Oui, chez les femmes de ma génération(47/5 5), il y avait beaucoup de divorces par simple ras le bol de "tout porter": on se lassait de la double journée et des samedis de repassage.
Peu importe que Monsieur joue au golf ou qu'il milite au P.C, le résultat était le même: père-courant d'air. On finit par ne plus désirer une personne qui vous inflige une telle vie.
Mais un ami avocat m'a dit que de plus en plus de divorces survenaient chez de très jeunes parents, simplement parce qu'ils n'avaient pas compris à quoi ils s'engageaient!
Je crois qu'il faudrait envisager une préparation au mariage civil, même brève. Divorcer avec un bébé, ce devrait être l'exception.
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#4 isabelle germain 26-01-2012 07:31
@Lili, j'ai cité Chrétienté info parce que je souhaitais donner un aperçu des (rares :) réactions à la proposition de la ministre. Je ne suis pas sûre que toutes les religions aient des positions aussi extrêmes. Mais je ne suis pas sûre que la position de Chrétienté Info soit à négliger. Ce journal est soutenu par l'Opus dei
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#3 Lirelle 25-01-2012 11:33
entièrement d'accord sur cet aspect "usure" des femmes, qui conduit même à préférer être "seule" d'adulte à gérer les enfants... j'avais lu un bouquin de ou coordonné par François de Singly, "l'injustice ménagère" très bien fait où déjà était pointé les effets psychologiques de la non-reconnaissa nce du travail domestique féminin, pourtant si prenant au niveau temps et au niveau mental (quand ce n'est pas carrément des hommes toujours insatisfaits, la soupe est tiède, le pli de la chemise est mal fait, on mange 'encore des nouilles', la femme n'est pas assez 'soignée' ou 'sexy', ben voyons... etc etc)...
C'est vrai que 'Chrétienté info' n'est probablement pas le meilleur choix ;o)...
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#2 Lili 25-01-2012 10:19
Désolée de faire ma vieille mais je suis plutôt d'accord avec cette idée, même si elle est effectivement mal conçue.

Cependant, aujourd'hui le mariage n'est pour l'Etat qu'un acte juridique, et pour les couples il est ... ce qu'ils en font, avec leurs valeurs. Et l'Etat ne peut proposer de "kit" allant plus loin que le droit sans empiéter sur la liberté des couples, sans choisir certaines valeurs, ce qui lui serait reproché.

Cependant quand je vois certains couples se marier sans la moindre réflexion, le simple fait d'être amené à un échange sur leur couple et pas seulement sur le plan de table est positif, et je fais confiance aux femmes pour qu'elles abordent les questions d'identité, de tâches ménagères..; Par exemple lorsqu'il s'agit de l'article sur la solidarité mutuelle à laquelle les époux s'engage, et sur l'obligation d'assurer la sécurité matérielle et morale des enfants !! Le Code Civil peut permettre d'aller assez loin.

Pour ce qui est du paragraphe "marronnier" sur la réaction d'un journal catho (quasi-inconnu) , c'est hors-sujet, les autres religions ont la même position, et puis il y a beaucoup de groupes cathos qui défendent la reconnaissance du divorce et des divorcés, mais bon taper toujours sur les mêmes c'est tellement plus facile et rigolo...
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#1 Lili 25-01-2012 09:58
Désolée de faire ma vieille réac mais je suis pour ma part assez favorable à ce truc, même s'il est effectivement mal conçu.

Mais comment pourrait-il être bien conçu? Le mariage est un acte juridique aux yeux des pouvoirs publics... Pour le reste, il est ce qu'on en fait !! Les gens religieux le vivent plus ou moins selon les principes de leur religion, les gens non religieux créent leur mariage... Et l'Etat ne peut évidemment pas proposer de kit reposant sur des valeurs choisies, sans attenter à la liberté des couples. Donc il se raccroche à la seule base qu'il ait : la loi.

Mais autour de moi je vois des couples se marier dans la plus totale inconscience de ce qu'ils font. Et je me dis que si ce kit les oblige à discuter ensemble de leur couple et pas seulement du menu du repas, et bien tant mieux.

Sans doute que la question du partage des tâches ménagères finira par sortir, même si c'est pas dans la loi. Encore que les époux s'engagent à la solidarité et à assurer le bien-être moral et matériel des enfants, ça c'est dans la loi !! Bonne base pour se mettre d'accord sur la manière de répartir le temps avec les enfants et de lancer cette discussion?

L'exemple de la ministre est ridiculement choisi, mais le texte du Code civil contient quelques portes d'entrées que les couples sauront j'espère utiliser pour parler des vraies questions...

Quant à votre choix de la prise position du Chrétienté Info (c'est quoi ce truc), vous auriez pu aussi aller voir vers les multiples groupes et associations catholiques qui militent pour la reconnaissance des divorcés dans l'Eglise... C'est pas d'aujourd'hui que l'Eglise catholique est contre le divorce, les autres religions le sont aussi, mais bon, c'est tellement facile... ça n'a rien à voir avec le sujet, mais c'est pas grave...
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