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Civilisation Mis en ligne le 02/01/12 I Rédaction par Isabelle Germain
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Affaire DSK, promesses présidentielles, loi -décevante-  sur l’égalité professionnelle, rapport sur la prostitution,… En 2011 on a parlé des inégalités entre hommes et femmes. L’opinion a été sensibilisée. Notre vœu pour 2012 : passer à l’action. Nous y contribuerons avec « l’autre genre d’info ». Vous pouvez y contribuer en vous abonnant aux Nouvelles news (ici).


Politique, la France dégringole

L’égalité qui dérange


Le miroir tendu par la Barbe rend agressif

La Barbe,  « groupe d’action féministe » a des méthodes pacifistes :  se parer d’une fausse barbe et prendre place sur ces estrades du pouvoir où ne siègent que des hommes ou presque. Et pourtant, en face d’elles, ceux qui se voient dans le miroir qu’elles leur tendent se sentent agressés et deviennent parfois agressifs à leur tour (comme ici).

Supprimer « Mademoiselle » ?

Deux associations ont proposé de supprimer « mademoiselle » des documents administratifs. Elles ne prétendaient pas qu’il s’agissait du sujet la plus important pour l’égalité -même si  s’attaquer aux symboles est une première étape pour faire évoluer le réel. Ces associations sont actives, depuis des années sur bien d’autres sujets qui ne suscitent pas tant de passion dans les médias (comme les violences ou les inégalités salariales). Curieusement, ceux que l’on n’entend jamais sur ces autres sujets se sont indignés à propos de « Mademoiselle »

En 2011, la France a encore perdu deux places au classement mondial de la parité établi par le Forum économique mondial  pour se situer en 48ème position. Les responsables politiques restent les champions du contournement de la loi sur la parité.

Au fil des remaniements, le gouvernement compte moins de femmes. Pour les candidatures aux cantonales, le féminin de candidat était suppléante et cela s’est ressenti sur le résultat des élections. Pour les sénatoriales, pas de progrès non plus mais un coup d’arrêt brutal à la lente féminisation du Sénat. Et quand est venue l’heure des investitures pour les législatives au PS par exemple, les candidates ont majoritairement hérité des circonscriptions non gagnables. La campagne présidentielle a suscité quelques envolées lyriques. L’UMP, lors d’une convention, a donné l’impression de réinventer la roue et a multiplié les incantations. Martine Aubry a rassemblé autour d’elle nombre de féministes, Eva Joly s’est positionnée sur le sujet en soutenant les femmes grévistes d’un hôtel à Paris avant de signer le pacte pour l’égalité. Depuis que le candidat PS est désigné, plus grand-chose.

Economie, pas beaucoup mieux

Si la Présidente du Medef, Laurence Parisot a multiplié les appels à agir pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, le législateur s’est fait tirer l’oreille pour signer les décrets d'application de la loi sur les retraites relatifs à l'égalité professionnelle, au point de provoquer la colère de la députée de la majorité Marie-Jo ZimmermannSur le front de la parité dans les Conseils d’administration (CA) des entreprises, la situation s’est améliorée grâce à une loi, elle aussi accouchée dans la douleur. Les CA du Cac 40 comptent 20 % de femmes, mais des femmes déjà visiblesLe plus difficile sera d’en trouver de nouvelles et, pour cela, de débloquer les carrières des femmes. Si l’on en croit les réactions de certains dirigeants, exprimées notamment lors d’une conférence de Financi’elles, le réseau des femmes de la finance, ce ne sera pas simple, quand elles disent oui pour les postes à responsabilité, ils entendent non... Au moins, cela a été mis en évidence.
Côté emploi ou salaires, la situation ne s’améliore pas franchement. Et le problème du travail à temps partiel qui touche en priorité les femmes et leur promet des retraites faméliques n’est toujours pas pris en compte. Deux députées ont tenté de tirer des sonnettes d’alarme et de faire des propositions… Sans succès.

Violences, réactions ambigües

L’affaire DSK a été l’occasion de souligner l’omerta sur les violences faites aux femmes… ce que nous avons fait dès le lendemain de l’arrestation de l’ex directeur du FMI tandis que la plupart des journaux français restaient interloqués et se focalisaient sur la justice américaine ou la défense du grand homme. Notre article a d’ailleurs été repris par le Guardian avec un titre différent : « ne laissez pas DSK devenir une victime ».  L’ambiance dans les médias français reflétait en effet ce qui se passe en général dans les affaires de viol : la victime présumée est vite prise pour une affabulatrice tandis que  l’accusé passe pour une victime à tel point que peu de victimes osent porter plainte. L’affaire du Sofitel a eu au moins le mérite de provoquer des manifestations contre la banalisation ou l’euphémisation des violences. Mais a-t-on pour autant pris des mesures pour mieux traiter les procès pour viol ? Et mieux en parler ?
Pas sûr. Les médias ont été beaucoup moins bavards sur un arrêt de la Cour européenne de justice qui devrait améliorer le sort des victimes de viol. La Cour condamne la France qui a rendu automatique la condamnation pour dénonciation calomnieuse des femmes ayant déposé plainte pour viol lorsque leur présumé agresseur est relaxé faute de preuves suffisantes. Cet arrêt devrait encourager les femmes à déposer plainte sans crainte. D’ailleurs, DSK, qui jurait de poursuivre Tristane Banon pour dénonciation calomnieuse y a finalement renoncé après une décision du Parquet de Paris.

Prostitution : la parole des clients

Autre sujet polémique : un rapport parlementaire sur la prostitution qui rappelait la position abolitionniste de la France. Contrairement à ce qu’auraient souhaité les auteurs du rapport, les projecteurs  des médias n’ont pas été braqués sur le problème de la traite des êtres humains dont sont victimes plus de 80 % des prostituées en France, mais sur un point du rapport qui propose de pénaliser les clients. Bronca dans les médias qui ont tendu les micros à aux défenseurs de la prostitution sans autre forme de procès. On a pu voir l’acteur  Philippe Caubère notamment faire son show dans nombre d’émissions.  Et même considérer que la fréquentation de prostituées était un acte hautement féministe. Comme lui, nombre d’hommes se sont mis à proclamer leur féminisme… avec des définitions très personnelles. Les uns par « islamo-féminisme », d’autres pour lutter contre l’homoparentalité ( ! ), un festival.

La question des assistant(e)s sexuels pour les personnes handicapées a donné lieu à un amer concours de victimes que la ministre Roselyne Bachelot a tenté de dépasser en rappelant quelques principes élémentaires sur la prostitution.

Les médias toujours aussi sexistes

Si nous avons créé les Nouvelles news, c’est en réaction à l’ensemble des médias qui donnent de la société une image plus sexiste qu’elle ne l’est en réalité. Et ça ne change guère. Nous l’avions souligné à la rentrée avec la grille de rentrée des radios qui est une parabole du sexisme ordinaire.  Un nouveau rapport s’est attaché aux experts dans les médias et montre qu’ils sont très majoritairement des hommes.  Ce rapport montre aussi que les directeurs de journaux, lorsqu’ils songent à féminiser leur contenu, ne voient dans les femmes que des consommatrices. Ils optent pour des suppléments qui ne sont que des guides de soumission volontaire.

Vers une « politique » de conciliation vie familiale vie professionnelle ?

Si les retards de carrières et les inégalités professionnelles s’expliquent en partie parce que les responsabilités familiales reposent sur les épaules des femmes, peu de responsables politiques ont envie de faire bouger les choses. Brigitte Grésy a présenté 25 propositions pour l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités familiales, « tout au long de la vie » , un rapport de l’OCDE appelle à prendre en compte les activités non-marchandes dans la mesure de la richesse et du bien-être (leur valeur correspondrait à un tiers du PIB) et une étude anglaise montre qu’un service public de garde d’enfants est bénéfique économiquement, pour  ne citer que quelques propositions. Valoriser ces activités non marchandes inciterait les hommes à s’en occuper davantage et à être plus proches de leurs enfants. Au lieu de cela la société fait injonction aux femmes de s’occuper de tout à la maison. Carrière pour les uns, vie familiale pour les autres quand les uns et les autres aspirent à partager les deux…  . Résultat : "Les femmes font moins le ménage, les hommes pas plus". Las, le seul dossier qui semblait avancer fait du sur place : celui du congé parental à partager entre les deux parents et bien rémunéré.

Le sexe du pouvoir sur la table

Il va donc falloir remettre ces sujets sur la table et c’est ce que nous ferons tout au long de l’année qui vient. Nous vous proposerons, au mois de mars prochain, un colloque sur le sexe de l’économie. Il rassemblera les meilleurs spécialistes de la question des indicateurs de richesse pour penser, réfléchir à une organisation de la société et de l’économie plus égalitaires.

Pour que ces débats et bien d’autres pèsent dans la présidentielle, nous devons donner de l’écho à celles et ceux qui s’engagent sur ces sujets. Notre petite équipe de rédaction s’engage à le faire avec le sérieux que vous lui connaissez. Mais les Nouvelles news ne pourront devenir un média influent que si nous avons de nombreux lecteurs et abonnés, si nous pouvons embaucher d’autres journalistes pour augmenter le nombre d’articles et attirer davantage de lecteurs. Alors abonnez-vous et incitez vos amis à s’abonner, ensemble nous ferons progresser l’égalité.


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Commentaires  

 
#4 Annie GH le Mercredi 11 Janvier 2012 à 12:03
Parmi les résolutions que j'ai prises pour cette année, j'ai décidée d'œuvrer dans le sens de la suppression de Mademoiselle.

Pour cela, j'applique désormais les règles suivantes :

- J'écris systématiquemen t aux sites pour leur demander de supprimer Mademoiselle dans la rubrique civilité, voire la rubrique toute entière quand rien ne la justifie;

- Quand choisir la civilité n'est pas obligatoire, je ne coche rien;

- Quand c'est obligatoire, notamment sur certains documents administratifs, je coche M.
J'attends de voir les réactions. Pour l'instant , je n'en ai pas: l'informatique saisit cette information sans vraiment l'analyser. En tout état de cause, si la question est posée, je répondrais qu'en grammaire française, "le masculin embrasse le féminin", selon la formule consacrée, ce qui valide mon choix.


Je précise que je suis mariée… :lol:
 
 
#3 Nic le Mardi 10 Janvier 2012 à 17:27
Une association féministe annonce une soirée d'interpellation des candidats à la présidentielle le mercredi 7 mars de 18h30 à 22h30
Inscription sur ellesprennentlaparole.blogspot.com
 
 
#2 Annie GH le Lundi 09 Janvier 2012 à 10:57
Merci, Isabelle, pour cette brillante synthèse d'une situation désastreuse et honteuse pour notre pays. Je me sens ragaillardie quand je lis Les Nouvelles News et prête à repartir au combat.
 
 
#1 Lora le Mardi 03 Janvier 2012 à 16:01
Les Nouvelles News sont -hélas- uniques et par là-même indispensables.
Merci à vous tous-toutes pour ce juste éclairage de notre société. L'antisexisme est encore toujours subversif.

Je penserai à un abonnement aux Nouvelles News comme cadeau d'anniversaire pour des proches.
 

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