Civilisation
- Écrit par La rédaction
- Mardi, 20 Décembre 2011 14:53
Trois de ces activistes aux seins nus, portées disparues pendant plusieurs heures, disent avoir été torturées après une manifestation pour la démocratie à Minsk.
Ces Ukrainiennes n'ont pas froid aux yeux. Elles ont parcouru l'Europe, exposant leurs seins nus pour défendre la démocratie et les droits des femmes. Des performances qui se soldent souvent par des contrôles d'identité, voire de brèves arrestations, mais qui attirent forcément l'oeil des médias. Comme le 31 octobre quand, déguisées en soubrettes, elles affichaient une pancarte « Honte » devant l'appartement parisien de Dominique Strauss-Kahn (vidéo ci-dessous).
Mais pour la première fois, mardi 20 décembre, le mouvement Femen a eu peur pour trois de ses militantes. Avec raison, puisqu'elles affirment aujourd'hui avoir été torturées. Inna Shevchenko, Oksana Shachko et Alexandra Nemchinova avaient manifesté la veille devant le siège du KGB à Minsk, la capitale du Bélarus (vidéo ci-dessous), appelant pendant deux minutes à la libération des prisonniers politiques.
Plusieurs journalistes ont alors été brièvement interpellés et l'australienne Kitty Green, proche de Femen, était arrêtée et expulsée en Lituanie. Tandis que les trois militantes ukrainiennes réussissaient à s'enfuir. Dans un message, en soirée, elles indiquaient qu'elles tentaient de sortir de Minsk. Puis, plus de nouvelle. Le mouvement, sur son site, s'inquiétait alors : « tout indique qu'elles sont dans les griffes du KGB ».
Menacées, battues, cheveux coupés
Nouvelles plus rassurantes, mardi après-midi : les trois femmes sont libres et attendent d'être prises en charge par l'ambassade d'Ukraine. Mais le récit qu'Inna Shevchenko fait de cette nuit fait froid dans le dos : elle ont été interpellées à la gare de Minsk et conduites à 200 kilomètres de là, les yeux bandés. Puis, en forêt, ceux qui les détenaient (on ignore à quel service ils appartenaient) les ont aspergées d'essence et menacé de les brûler. Ils les ont ensuite battues et leur ont coupé les cheveux, avant de les abandonner dans les bois, nues, sans papiers.
C'était, lundi 19 décembre le premier anniversaire de la réélection du président Alexandre Loukachenko, marqué par une nouvelle vague d'arrestations d'opposants. Pour l'AFP, « le rêve d'une révolution démocratique semble bien loin au Bélarus ». Deux des principaux adversaires politiques de Loukachenko, Andreï Sannikov et Nikolaï Statkevitch, purgent actuellement une peine de cinq ans de prison pour "troubles massifs" lors des manifestations qui avaient suivi le résultat contesté du scrutin, il y a un an.
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