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Civilisation
Mis en ligne le 11/08/11
En Grande-Bretagne, le taux de grossesse chez les adolescentes est le plus élevé d'Europe occidentale. S'il a baissé après avoir constitué une priorité politique ces dix dernières années, la rigueur nouvelle menace de le faire repartir à la hausse. Ils sont nombreux, ces derniers jours, les articles de presse qui insistent sur le rôle de la « Big Society » dans les émeutes en Grande-Bretagne (1). Un désengagement de l'Etat de la plupart des secteurs sociaux (et jusqu'aux toilettes publiques), pour cause de rigueur budgétaire amorcée il y a un an par le nouveau gouvernement de David Cameron. Mardi 9 août, une enquête du quotidien britannique The Guardian en révélait un autre aspect : le risque d'un regain des grossesses chez les adolescentes. Un phénomène déjà alarmant dans le pays. En progrès, mais « toujours inacceptable » « Il est évident que la parentalité adolescente a des effets négatifs en terme de santé, d'études, et de ressources pour la mère comme pour le bébé », notait la commission indépendante sur les grossesses adolescentes (TPIAG) dans son dernier rapport, en décembre 2010. Son tout dernier rapport, après 10 ans de travaux, avant dissolution. La disparition de cette commission comme des acteurs de terrain vient souligner que les grossesses précoces ne sont plus une priorité du gouvernement. Une priorité, c'est ce qu'elles avaient été tout au long de la dernière décennie. Avec un certain succès. Selon les derniers chiffres, portant sur l'année 2009 et publiés au début de cette année, le taux de grossesses chez les mineures était de 38,2 pour mille en Angleterre . Entre 1998 et 2008, la baisse était de 13%. Pas une chute spectaculaire, mais un réel progrès... même si les chiffres sont « toujours à un niveau inacceptable », écrivait la TPIAG.. Augmentation des dépenses à long terme Aujourd'hui, comme beaucoup d'acteurs de terrain, l'ancienne présidente de la commission, Gill Frances, craint que la courbe des grossesses précoces reparte à la hausse. Avec un risque d'inégalités sociales encore accrues pour les jeunes mères (et pères) puisque les programmes d'accompagnement disparaissent aussi. Le tout pour une vision économique à court terme, déplore le parlementaire travailliste Graham Allen : « On constatera évidemment une réduction des dépenses l'année prochaine, mais si nous devons nous occuper de plus en plus de mères adolescentes à l'avenir, cela ne fera qu'augmenter les dépenses ». (1) Voir par exemple celui de Nina Power, repris par Courrier International. Ou celui-ci dans les Inrocks. (2) Il s'élève à 26 pour mille, contre 11 pour mille en France. Seuls des ex-pays soviétiques et la Turquie font pire (chiffres OMS, 2011). LA SELECTION
Pub olympique pour la mère sacrificielleAttention, message très stéréotypé de la marque mondiale Procter&Gamble, sponsor des Jeux olympiques. |
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