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Civilisation
Mis en ligne le 17/05/11
Il n'y aura sans doute pas de « cours d'assises simplifiées » (avec deux jurés au lieu de neuf) pour juger les affaires de viols en France. Avant l'examen du projet de loi, la commission des lois du Sénat a rejeté la mesure, voulue par le gouvernement, instaurant ce nouveau dispositif pour juger les crimes faisant encourir jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Cela aurait concerné en particulier les affaires de viols. « Le but est de limiter la correctionnalisation des crimes », explique le garde des Sceaux Michel Mercier. La « correctionnalisation » est une pratique visant à désengorger les cours d'assises qui doivent théoriquement juger toute affaire de viol, un crime passible de 15 ans de prison. Mais les juges d’instruction, avec l'accord des avocats, peuvent requalifier un cas de viol en « agression sexuelle » ; il devient alors un délit, jugé au tribunal correctionnel et passible d'une peine maximale de 10 ans de prison. « Déni partiel du crime » Certains des avocats des victimes sont eux-même favorables à cette correctionnalisation, car elle permet des jugements plus rapides. Et son utilisation est répandue, elle concernerait des centaines d'affaires chaque année. Mais elle « aboutit à un affaiblissement de la réponse pénale », et à « une certaine inégalité de traitement » car la pratique varie d'un département à l'autre, note le ministre de la Justice. Le député UMP Jean-Paul Garraud se montre plus sévère encore : cette correctionnalisation « constitue une sorte 'd’accommodement' auquel les magistrats sont contraints faute de meilleure solution à leur disposition. Ce pis-aller procédural s’apparente, de surcroît, à un contournement de la loi et de la volonté du législateur. En outre, la partie civile se trouve confrontée à un déni partiel du crime dont elle a été victime et pour lequel l’auteur n’est pas expressément condamné », estimait-il dans une proposition de loi déposée il y a un an (voir ci-dessous). La sénatrice communiste Nicole Borvo Cohen-Seat relevait pour sa part en commission des lois : « Si les auteurs de viols sont envoyés en correctionnelle, c’est parce que beaucoup de gens estiment encore qu’il est excessif de condamner un violeur à vingt ans de prison ». Une projet consensuel... dans les cartons Pour le Sénat, pas de doute non plus : la correctionnalisation est « critiquable dans son principe. » Cependant, estiment les sénateurs, « la réponse apportée par le projet de loi ne peut être acceptée en l’état », car elle apporte essentiellement de la « complexité » et de la « confusion ». Conséquence de ce désaccord entre gouvernement et Sénat : le texte de loi ne devrait apporter aucune réponse à la question de la correctionnalisation. Les sénateurs, tout en supprimant le projet de « cour d'assises simplifiée », affichent leur préférence pour un autre projet : la création de tribunaux criminels départementaux. Une idée initiée par Jacques Toubon en 1996, et tombée à l'eau avec la dissolution de l'Assemblée nationale l'année suivante. Reprise par Jean-Paul Garraud dans une proposition de loi déposée en avril 2010, elle a également les faveurs de l'Union syndicale des magistrats.... Un projet apparemment plus consensuel, donc, mais toujours dans les cartons. Image © Dicom - Patrick Sèbe LA SELECTION
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Commentaires
Le viol est un crime et parce qu'il est un crime il doit être jugé en Cour d'Assises. La peine de prison pour un viol est de 15 ans, 20 c'est justement pour un viol aggravé . Vos arguments sont faux. La correctionnalis ation minimise le viol , elle de plus illégale
lacorrectionnalis ationduviol.wordpress.com/le-viol-est-il-toujours-un-crimela-correctionnalis ation-la-negation-dun-crime/
lacorrectionnalisationduviol.wordpress.com/.../
Pour ce qui est de la correctionnalis ation qu'en dit votre avocat ? Je comprend que vous ayez le besoin que votre agresseur soit punis pour ce qu'il a fait. Je ne pense pas que le désir des juges soit de minimiser ce qui vous est arrivé, mais peut être tout simplement de parvenir avec plus de certitude à une condamnation. Les assises sont parfois plus aléatoires que le correctionnel en matière de réponse pénale puisque les jurés sont des citoyens ordinaires et non des juges professionnels. Je ne peux que vous conseiller d'en parler avec votre avocat, de hiérarchiser vos priorités.
La justice prononcera une peine en fonction de la dangerosité qu'elle percevra chez l'accusé. La peine prononcée par la justice n'a pas pour objet d'évaluer votre souffrance. C'est peut être rude à entendre, mais je vous le dit afin de vous permettre de prendre une certaine distance par rapport à ce verdict. Quel que soit la peine prononcée, votre douleur est réelle et personne n'avait le droit de vous infliger une telle chose.
Il n'y a donc pas de volonté des magistrats, qui sont d'ailleurs majoritairement des magistrates, de minimiser le viol mais bien de le punir plus sévèrement. D'ailleurs, on arrivera souvent à une répression équivalente, puisqu'au assise un violeur peut se prendre des peines bien inférieur à 10 ans, et qu'en correctionnel un juge peut aller jusqu'à 10 ans.
Je précise aussi que je prononcer une peine de 20 ans pour un viol sans circonstance aggravante est tout à fait excessif, et que je suis heureux que cela n'arrive pas. Pourtant, je suis tout à fait d'accord que le viol est une chose grave, et qu'il mérite effectivement sa qualification de crime, au même titre que le meurtre. Cependant, je ne suis pas un fan de la répression. La répression est utile dans une certaine mesure, c'est parfois un mal nécessaire, mais ce désir d'augmenter la répression que j'entend par-ci et par-là n'est pas saine. On confond vengeance et justice, et cela n'a aucun effet dissuasif. Badinter lorsqu'il plaidait dans les tribunaux contre la peine mort expliquait, que si le meurtre de la victime par son client avait causé un malheur irréparable, notamment aux membres de la famille de la victime, et bien que la condamnation à mort de l'accusé causerait également un malheur irréparable à la famille de ce meurtrier, famille qui n'est coupable de meurtre ; et que c'était ajouter du malheur au malheur. (à suivre ci dessus)
Une correction : la sénatrice Nicole Borvo n'est pas socialiste mais communiste.
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