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Civilisation
Mis en ligne le 12/04/11
- L'interview de Danielle Bousquet - Des réseaux de plus en plus influents - Le rapport parlementaire en PDF La prostitution « doit être considérée comme une violence, en majorité subie par des femmes ». Après plus de 7 mois de travail et d'auditions, en France et à l'étranger, les membres de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la prostitution ont adopté officiellement leur rapport, mercredi 13 avril. Près de 400 pages et 30 propositions (détaillées ci-dessous) pour relancer, sur ce constat, la lutte contre la prostitution. Cette approche, instituée par la Suède voilà plus de 10 ans, commence à s'étendre en Europe. « L’ambition d’une démocratie avancée ne peut être que d’envisager, à terme, la disparition de la prostitution », estiment les députés, dans la lignée de la position abolitionniste française. Dans cette optique, « la responsabilisation des clients est essentielle ». Il est donc temps de s'attaquer à la demande, car le recours à la prostitution reste « un phénomène social de masse ». Mais, avertissent les députés, pour médiatique que soit cette seule mesure, il faudra qu'elle s'accompagne de bien d'autres changements de fond. Et notamment que les pouvoirs publics se réapproprient ce sujet. Se donner les moyens d'une politique sociale Car si la politique menée envers la prostitution apparaît satisfaisante en terme d'ordre public comme de lutte contre le proxénétisme, la mission juge « désastreux » le bilan sur un troisième volet, pourtant tout aussi indispensable : celui des politiques sanitaires et sociales à l'égard des personnes prostituées. Une mission sur laquelle le gouvernement « semble avoir tiré un trait », se défaussant sur les associations. Sans compter que « la tendance est à la diminution des crédits à ces associations ». Dans ce domaine, il faudra donc effectuer un virage radical. Au regard de l'expérience suédoise, la pénalisation devrait sensiblement faire baisser la prostitution (en Suède, en 10 ans, la prostitution de rue a baissé de moitié, celle via internet a peu évolué par rapport aux pays voisins). Ce qui pose la question de la réinsertion. Les députés avancent plusieurs propositions sur ce point : améliorer les dispositifs de logement des personnes victimes de la traite ; développer l'offre de soins psychologiques et psychiatriques ; et accroître les moyens destinés à offrir des alternatives à la prostitution aux personnes qui exercent cette activité. Des mesures qui impliquent de dépenser plus : ce sera sans doute là le principal écueil auquel se heurtera cette volonté de nouvelle approche. Il s'agit aussi de garantir les droits fondamentaux des personnes prostituées. Car l'accès à la justice leur est acquis en droit, mais « souvent dénié dans les faits ». C'est particulièrement vrai pour les étrangères, qui sont aujourd'hui plus de 80% des prostituées en France. Et parmi elles, une forte proportion sont sans papiers. Pour la mission, il faut améliorer leurs conditions d'accès à un titre de séjour ; améliorer également la situation des victimes de la traite à l'égard du droit d'asile. Là encore, pas sûr que cela plaise au gouvernement.
Eduquer contre les présupposés La loi suédoise de 1999 criminalisant l'achat de prestations sexuelles, exemple pour la mission parlementaire française, a eu un effet dissuasif sur les clients, et a fait reculer tant la prostitution que la traite des êtres humains. Et l'opinion publique, comme la classe politique, a évolué pour se prononcer désormais très largement en faveur de la pénalisation du client. Aux yeux des députés, l'information est indispensable dès l'école. Ils proposent dès lors de « penser effectivement un enseignement en matière d’éducation à l’égalité de genre dès l’école primaire et à tous les niveaux de formation », afin de lutter contre les présupposés qui composent « les racines du système prostitutionnel ». En Suède, la mission « a pu constater le lien étroit existant entre la pénalisation des clients et l’importance de la politique d’éducation sexuelle dispensée de longue date au sein du système éducatif suédois. L’une de ces deux actions ne saurait aller sans l’autre. » La France sera-t-elle capable de mettre en oeuvre de telles actions éducatives ? Les faits, jusque là, permettent d'en douter. La loi de 2001 sur la contraception impose déjà des cours réguliers d'éducation sexuelle à l'école. Mais elle reste très aléatoirement appliquée. Le racolage passif vers « une lente extinction » S'il y a un point sur lequel la mission se démarque de la Suède, c'est la question du racolage passif. La Suède, en choisissant de pénaliser le client, a abrogé dans le même temps toute sanction visant les personnes prostituées. En France, ces dernières peuvent être condamnées pour racolage, étendu au racolage passif depuis 2003. Dans son rapport, la mission ne préconise pas directement l'abrogation de ce délit de racolage passif. Elle se permet de rappeler qu'il est la cible des critiques de nombreuses associations - Médecins du Monde réclamait récemment encore qu'on y mette un terme - et juge qu'il devra faire l'objet d'une évaluation « un an après l’entrée en vigueur du dispositif sanctionnant pénalement les clients ». Quoi qu'il en soit, il apparaît aux yeux de la mission « destiné à une lente extinction ». Parce que la justice, d'ores et déjà, applique peu les sanctions. Et parce que la pénalisation des clients devrait le rendre obsolète de fait. Image : campagne du Mouvement du Nid en 2007 Consultez ici le rapport parlementaire en PDF
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Commentaires
C'est faux. C'est leur propre regard, un regard narcissique. Elles ont été éduquées de cette manière et ce dès le plus jeune âge. Mais il est vrai que nombreuses sont les femmes qui aiment à se considérer comme des objets de désir : parce que d'une certaine manière il est toujours pus flatteur pour une femme (ou un homme) d'être désiré que repoussé, rejeté, ce qui arrive rarement quand on est une femme. Ne pas oublier que sexisme fait aussi des victimes masculines. Maintenant je ne vois pourquoi on interdirait à qui que ce soit, homme ou femme de payer les services d'un ou d'une prostituée. L'état n'a pas à se mêler de ça. Nous sommes dans une société de contrôle infantilisante, mais il est temps de ne plus accepter l'ingérance de ce qui prétendent gouverner dans notre intimité. Si j'ai envie de payer une escort, je le fais et nul n'a à me l'interdire.
Non, la prostitution n'est pas glamour !
Non, on n'est pas obligé de porter un porte-jarretelles, un réhausse seins, une culotte fendue pour se sentir femme et épanouie !!!!!
Et a l'ecole, les garcons doivent encore et toujours etre les plus forts. S'ils n'y arrivent pas adultes, ils sont sans amis mais heureusement il y a les prostituees pour les aider. Alors si cette loi ne passe pas aujourd'hui, il ne pas baisser les bras. Commencons par ne plus acheter de lingeries qui nous prostituent
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