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Bien-être Mis en ligne le 04/10/11 I Rédaction par Arnaud Bihel
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Un besoin de reconnaissance pour une profession « maltraitée ». C'est ce que des centaines de sages-femmes ont exprimé, mardi 4 octobre, devant le ministère de la Santé. En septembre, la Cour des Comptes allait dans le sens de leurs revendications.



« Cigogne, oui ; pigeon, non ! ». « On vous a vus tout nus, on mérite d'être reconnues ! » Derrière ces slogans, les 2 000 sages femmes qui manifestaient devant le ministère de la Santé, mardi 4 octobre, portaient plusieurs exigences. Cette journée de grève et de manifestation nationale, à l'appel de 11 syndicats de la profession, faisait suite à une précédente journée d'action, en mai. Des négociations sont en cours avec le ministère, mais elles piétinent. Cette nouvelle manifestation avait pour but de peser sur les négociations.

Revalorisation

La reconnaissance, pour les sages-femmes, passe par une revalorisation de leurs actes et de leurs salaires, qu'elles soient libérales ou travaillent en hôpital. Dans son apport consacré à la sécurité sociale, publié en septembre, la Cour des Comptes consacrait 25 pages à leur situation. Rendant des conclusions qui, dans l'ensemble, rejoignent leurs revendications. Leur cursus universitaire, en 5 ans, est un des plus long au monde. Et ces dernières années ont vu « un net accroissement » de leurs compétences. Elles interviennent à toutes les étapes de la grossesse physiologique (qui ne présente pas de risque particulier) mais doivent aussi être capable de détecter les pathologies ou les situations « à risque » et alors prévenir un médecin. Leur responsabilité peut être engagée devant les tribunaux. Malgré cela, la revalorisation de leurs actes reste depuis 2 ans au stade des pourparlers. Depuis 2005, la croissance des honoraires des sages femmes libérales est atone. Leur montant a même diminué entre 2008 et 2009.

Premier recours

La Cour des Comptes fait également sienne une revendication prioritaire des sages-femmes : qu'elles soient considérées comme « les professionnels de premier recours » pour le suivi de femmes en bonne santé. L'institution, comme les syndicats, estime que c'est à elles seules que doit revenir la prise en charge des grossesses à bas risques, pour une « meilleure articulation des deux principales professions médicales en charge de la naissance » : les gynécologues-obstétriciens et les sages-femmes. Les magistrats de la Cour des Comptes formulaient déjà ce vœu 5 ans plus tôt...

Dans le même temps, les sages-femmes revendiquent une nouvelle politique de la périnatalité, offrant davantage de diversification et « les moyens d'un accompagnement de qualité ». Aujourd'hui, déplorent les syndicats, les naissances se concentrent sur de grands plateaux techniques, au détriment des petites maternités.

Libre choix

« Il faut remettre la patiente au centre de la périnatalité », clament les sages-femmes, en faisant en sorte que les parents disposent du libre choix de l'offre de naissance (structure hospitalière publique / privée ou accompagnement par une sage-femme libérale). La future mère doit avoir « accès à une sage-femme, tout le long de son parcours. »

D'où une revendication supplémentaire : des créations de postes. En 10 ans, le nombre de sages-femmes en France a presque doublé. Elles sont aujourd'hui près de 20 000 - des femmes, à 98%. Avec un âge moyen de 42 ans pour la profession, « cette progression devrait continuer au cours des prochaines années », observe la Cour des Comptes. Mais pas de façon suffisante, aux yeux des syndicats : la densité des sages-femmes en France (57 pour 100 000 femmes) reste bien inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE (72 pour 100 000).

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