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Education
Mis en ligne le 08/09/11
Mettre un frein à la féminisation de l'Education nationale ? Le ministère « a d'autres priorités que cette question », a estimé Luc Chatel, jeudi matin sur Europe 1. Le ministre réagissait à ce qu'il considère comme « un début de polémique » après un article du Figaro citant « l'entourage du chef de l'Etat » : « on » y juge « qu'il y a 'trop de femmes enseignantes' et qu'il faut tendre vers 'davantage d'équilibre' sur ce point », écrit le journal. Luc Chatel s'inscrit en faux. Il « ne considère pas qu'il y a trop de femmes dans l'enseignement » et tord le cou à ce « on » : « l'entourage du président de la République, je ne connais pas. » Plus le niveau d'études s'élève, plus les hommes sont à la manoeuvre Selon le Figaro, « l'entourage du chef de l'Etat » entend questionner cette féminisation de l'enseignement dans le cadre du débat sur le statut des enseignants, annoncé comme « primordial » pendant la campagne présidentielle. Il s'agit d'attirer davantage d'hommes vers la profession « en réformant ce métier, en offrant un salaire de cadre ». Comme point d'appui, le Livre vert sur l'évolution du métier, remis en 2008 au gouvernement. Ce document dresse le constat que dans le premier degré - maternelle et primaire - le taux d'enseignantes est passé de 64,5 % en 1955 à 82 % en 2007. Et la féminisation s'accroît encore. En revanche, « ce phénomène touche moins nettement le second degré » : 49,6 % en 1955, 57 % en 2007. La situation est en effet loin d'être uniforme. Elle suit une évolution qui semble linéaire : plus le niveau d'études s'élève, plus les hommes sont à la manoeuvre. « On observe que le taux de féminisation croît en fonction inverse de l’âge des enfants : si en maternelle, on trouve très peu d’hommes, en CM2 il y a parité », relevait le document. Et « le collège est plus féminisé que le lycée. » La vie familiale, affaire de femmes... « La féminisation des corps enseignants peut s’expliquer par la possibilité d’y concilier plus facilement vie professionnelle et vie familiale », notait ce Livre vert. Au Figaro, « on » explique dans des termes similaires que « beaucoup de femmes viennent à l'enseignement pour des raisons d'équilibre de vie. Elles prennent beaucoup de mi-temps, ce qui pose des problèmes d'organisation. » Le document de 2008 chiffrait ce « beaucoup » : « environ 12 % des femmes sont à temps partiel pour seulement 3 % des hommes. » Rappelons que dans le monde du travail en général, un tiers des femmes (32,9 %) sont à temps partiel, contre 7,7 % des hommes. La proportion est similaire. Recruter davantage d'hommes permettrait donc d'éviter ce conflit entre vie privée et vie professionnelle ? C'est oublier que le gouvernement est censé agir, dans le même temps, pour casser ces stéréotypes qui réservent la sphère familiale aux femmes. « Comment permettre aux deux parents de mieux concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle ? », c'est aussi une question que se pose l'UMP dans la perspective de 2012. Et à laquelle les réflexions sur le congé d'accueil de l'enfant et le congé parental doivent apporter, au moins en partie, une réponse en engageant davantage les pères. Visiblement, dans « l'entourage du chef de l'Etat », l'Education reste un monde à part. Lire aussi sur LES NOUVELLES news : "L'enseignement féminisé par le bas" LA SELECTION
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Commentaires
Si on suit leur logique, il faut diminuer les salaires de ces fonctions pour arriver à la parité...
Et curieusement, ça énerve moins quand un métier est très masculinisé que l'inverse...
Disons alors également qu'il n'y a pas assez de femmes directeur d'AREVA, d'EDF, d'EADS, de la DCRI, de la Police Nationale et de la République
En effet, nous en avions parlé, je viens d'ajouter le lien
De quoi alimenter les cours de morale ...
par contre je me suis etranglee en lisant qu'il fallait augmenter les salaires. c'est admettre ouvertement, de facon decomplexee, que les femmes peuvent bien accepter des salaires bas mais que ce serait indigne pour un homme!!?
quant a l'intox sur les temps partiels supposes trop nomnreux pour les femmes, no comment. il y a la meme en ce moment sur la medecine, alors que ce ne sont pas que les femmes medecins mais bien toute la jeune generation qui aspire a plus d'equilibre!
En revanche, si on considère la mixité comme une richesse, alors oui, de même que la féminisation des CA du CAC 40 est une affaire de justice mais aussi de diversité, oui la masculinisation de l'enseignement mérite des efforts, c'est aussi une affaire de justice et de diversité.
C'est aussi une richesse pour les élèves et des perspectives nouvelles pour les étudiants qui hésitent à s'engager dans cette vois, mal payée, dure et "féminine" dans l'imaginaire social.
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