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Cafouillage Mis en ligne le 11/02/11 I Rédaction par Arnaud Bihel
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 « Force est de constater que les choses ont peu évolué » ces quatre dernières années en faveur de la lutte contre l'homophobie dans les entreprises. Malgré l'émergence des bonnes pratiques, les préjugés et tabous restent tenaces, constate l'association L'Autre Cercle.


Le monde du travail en France, loin d'être gay-friendly. C'est le constat, à nouveau, de L'Autre Cercle. L'association qui regroupe des militants homosexuels impliqués dans le monde professionnel vient de publier une enquête sur « la vie des LGBT au travail » (1), quatre ans après la précédente. Quatre ans sans réelle amélioration. Près d'un homosexuel sur 5 considère que le climat sur son lieu de travail lui est hostile. Rien que ce chiffre fait bondir la porte-parole de l'association, Catherine Tripon : « il est temps de dire : ça suffit ! ». C'est ce qui a conduit L'Autre Cercle à communiquer en force sur cette étude. D'autres chiffres sont tout aussi frappants : plus d'un répondant sur 4 a été victime ou témoin de comportements (principalement des remarques) homophobes. Et dans 92% des cas recensés, ces comportements n'ont pas été sanctionnés.

L'Autre Cercle déplore dans ce domaine « une faible implication des directions générales », qui communiquent peu sur le sujet. La question des droits ouverts couples pacsés (assurance décès, mutuelle, CE...) en est un exemple parlant : 33% (contre 35% en 2006) des salarié-e-s ne disposent pas de ces droits, ou n'en ont pas connaissance.

« Quatre ans après la mise en place de charte, label et norme, ainsi que l'émergence de direction diversité dans les programmes, on ne peut que constater l'occultation du sujet », déplore l'association. Ainsi, 27% des répondant-e-s indiquent qu’il existe un document ou charte sur la diversité au travail. Mais ils sont moitié moins (13%) à confirmer que l’orientation sexuelle y est mentionnée. « Comme s'il existait une hiérarchie entre les discriminations », analyse Catherine Tripon. Celle liée à l'orientation sexuelle restant secondaire.

Aborder le sujet

De quoi conclure que « le chemin est encore long pour arriver à faire tomber les préjugés et les tabous dans le monde du travail ».

Tabou il y a, car près de la moitié (47%) des homosexuels ne parlent pas au travail de leur orientation. En quatre ans, la parole ne s'est pas libérée. Les deux tiers d'entre eux préfèrent ne pas se dévoiler par crainte de conséquences négatives en termes de carrière et de dégradations des conditions de vie.

On retrouve là, également, le phénomène du « plafond de verre » puisque, tient à noter L'Autre Cercle, « les LGBT sont d’autant moins visibles qui sont diplômés voire sur-diplômés et ce, au regard des enjeux de carrière important. »

D'où la nécessité de briser ce tabou. Pour Catherine Tripon, « l'arsenal législatif existant est correct. Les progrès doivent venir de l'intérieur, en luttant contre les préjugés, les stéréotypes. C'est encore le gros du travail. »

En commençant par nommer l'homosexualité, ce constitue déjà, en soi, un progrès. « Le climat dans les entreprises et organisations ayant une charte citant l’orientation sexuelle est meilleur », signale l'association. Sa porte-parole renchérit : « Quand on commence à aborder le sujet, cela débloque les choses. Même du côté des syndicats ». Ultime motif d'optimisme : de grandes sociétés (2) osent désormais s'afficher ouvertement comme partenaires de l'association. L'évolution est inéluctable pour Catherine Tripon : désormais les entreprises « vont devoir forcément avancer et avancer vite » pour s'adapter à l'évolution de la société.

 



(1) Etude menée par questionnaire autoadministré en ligne (Web Google), du 01 janvier au 30 octobre 2010. 930 personnes ont répondu.

    (2) Institut Randstad, IBM, Michael Page international, Sodexo


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    Commentaires  

     
    #2 skai le Mercredi 23 Février 2011 à 17:59
    en même temps ... je dirais presque que "au travail la sexualité est un tabou" et c'est pas plus mal.

    Alors oui les vannes salaces en milieu masculin sont légion, et souvent partent du principe que les interlocuteurs sont "dans le moule" hétéro, tout ça. Mais c'est surtout pour "pas faire de vague", parce que franchement, le boulot ... ben c'est jamais que le boulot, et autant qu'il se passe bien pour profiter de la vie sans ulcère. Tant pis s'il faut ranger ses principes idéalistes au placard de temps en temps.
    (surtout que les collègues avec d'autres idéaux opposés font de même, et tout va pour le mieux)
     
     
    #1 emiliemartin le Lundi 21 Février 2011 à 09:58
    L'homosexualité demeure un tabou dans la pensée collective. Les injures les plus fréquentes sont "enculé" et "pedé". Cet épiphénomène traduit l'état des mentalités. Le rappeur Cortex, idole des jeunes, qualifie Zemmour de "Tarlouze",
    ce qui ne manque pas de sel pour un macho triomphant notoire comme Zemmour.
    D'un autre côté, on commence à voir des gays dans tous les spectacles alors que des lesbiennes, toujours pas....
     

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