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Cafouillage
Mis en ligne le 03/10/10
Juridiquement, il a purgé sa peine, c’est un homme libre. Mais en revenant sur scène avec les honneurs de la presse, quel message Bertrand Cantat envoie-t-il aux millions d’hommes violents avec leur compagne ? On peut avoir tué une femme et rester un héros en 2010 ? Au moment des faits déjà, beaucoup de médias pratiquaient l’euphémisme « drame passionnel », « amour dévastateur ». A force de minimiser la responsabilité de Cantat, sa victime était presque transformée en coupable. En réalité, Bertrand Cantat a commis un crime. Les faits : été 2003, il rejoint Marie Trintignant à Vilnius en Lituanie où elle achève le tournage du téléfilm "Colette". Au cours d’une dispute il la bat, elle perd connaissance, il n’appelle pas les secours, elle mourra huit jours après, des suites de ces coups. Bertrand Cantat devait purger huit ans de prison, il était en liberté conditionnelle depuis 2007. Toujours est-il que, dans les médias, la compassion entoure Bertrand Cantat. Compassion pour sa victime, ce qui est le minimum. Compassion pour lui, qui est certainement un homme malheureux. Après la compassion vient le temps de l’héroïsme. Il remonte sur scène et ses fans font à nouveau de lui une star. Certains hommes politiques comme Noël Mamère, maire de Begles, où le chanteur se produisait, considèrent qu’il a raison de revenir puisqu’il est au clair avec la justice. Dans les commentaires sur la toile on peut lire plus de mesure. Il devrait au minimum se faire plus discret jugent beaucoup d’internautes. 2010 est l’année où la lutte contre les violences faites aux femmes a été décrétée grande cause nationale. Mais quel est l’effet sur le public et, en particulier sur les 10 % d’hommes violents, de la réhabilitation spectaculaire de Cantat ? Tout récemment, Jean-Luc Delarue a été écarté de l’antenne de France 2 pour avoir consommé de la coke, lui aussi est au clair avec la justice. Mais pour une question d’exemplarité, la direction de la chaîne a préféré l’exclure. Sur la question des violences faites aux femmes, le niveau de tolérance reste élevé… Lire aussi : Loi sur les violences conjugales : le dossier LA SELECTION
Pub olympique pour la mère sacrificielleAttention, message très stéréotypé de la marque mondiale Procter&Gamble, sponsor des Jeux olympiques. |
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Commentaires
Ca ne sert à rien de définir une peine pénale si la personne reste coupable toute sa vie. Autant remettre la loi du Talion dans ces conditions là !
Par ailleurs, puisque vous parlez de "message", que pensez vous de toutes ces femmes qui se bousculent pour succéder à la victime? Il lui a fallu combien de temps à Cantat, avant que les visiteuses de prison se presse pour un entretien d'embauche? Elles aussi elles envoient un message très explicite aux hommes violents: vous ne manquerez jamais de groupies, quoi que vous fassiez.
D'ailleurs c'est la clef des violences conjugales. L'attraction des femmes pour les hommes violents. Vous avez choisi de "moraliser" les hommes concernés (bon courage), mais vous pourriez tout aussi bien vous tourner vers les femmes et leur faire la morale parce qu'elles courent après des brutes.
dans votre article, vous n'avez pas l'air de dire qu'il s'agit d'un "cas tellement particulier..." Je crois qu'on est d'accord sur plus d'un point
Isabelle Germain, je suis, justement, informée des violences conjugales de part mon travail et le raccourci que vous opérez pour en parler en partant d'un cas tellement particulier ne me semble vraiment pas être la meilleure manière de servir cette cause. Je rejoins néanmoins votre opinion sur un point : le problème est la trop grande indulgente de CERTAINS fans qui adulent l'artiste en niant les erreurs de l'homme.
Je vous invite vivement à lire cet article qui souligne exclusivement cet aspect.
rue89.com/.../...
En effet, j'ai du mal à suivre vos raisonnements complexes et vos hypothèses qui veulent servir d'autres sujets que celui abordé ici. Merci quand même d'être venu en parler ici.
Je me demande légitimement ce qu'il resterait de votre article si LA VICTIME était de sexe masculin, ce qui n'entrerait pas en contradiction ni avec une notion de supériorité physique, et donc de domination, ni avec la notion de violence conjugale...
Je vous pose cette question car votre article est essentiellement axé sur le fait que la victime soit une femme et le criminel un homme. Je m'interroge sur la manière arbitraire que vous avez, sur la base de ce simple constat, de classer un crime dans une catégorie, de juger de sa gravité au delà de la peine prononcée, et d'établir cette notion vaseuse d'"exemplarité du coupable"...
Ensuite, je m'interrogeais accessoirement sur l'éventuel anonymat de la VICTIME (non du coupable, comme vous semblez l'avoir compris), qui n'aurait pas empêché le battage médiatique à l'époque des faits mais aurait certainement évité le tollé actuel et les articles tels que le vôtre...
Ceci étant dit, vous remarquerez que je ne donne aucunement mon avis sur l'affaire que vous évoquez, pour la simple et bonne raison que je ne sais absolument pas de quoi il en retourne. Je vous conseille vivement, à vous et à tant d'autres, de faire de même.
Non, l'acte n'aurait pas été moins grave, un crime est un crime, je ne comprend pas pourquoi vous me posez cette question. Un tel article aurait-il été écrit ? Bon non, il est peu probable qu'un inconnu fasse un concert et attire les médias après avoir fait de la prison pour un crime... Vous avez d'autres questions comme ça ?
D'après vous, l'effet direct sur les 10%, c'est quoi ? Qu'il peut encore battre sa femme ou de penser que leur voisin s'en foutra ? Ou les 2 ?
2- je vois que Trinitro fait une remarque similaire à la mienne sur l'amalgame Cantat - violence machiste. Si vous êtes outrée que les fans continuent à apprécier Cantat, c'est parce vous êtes dans une démarche trop englobante. Vous mettez toutes les formes de violence sous la même étiquette. Et c'est bien pour cela, je pense, que cette histoire n'influe en rien sur "le niveau de tolérance". Ni en bien, en mal.
3- Un "crime passionnel" n'est pas un euphémisme, mais une tragédie se terminant au cimetière, puis devant les tribunaux. Et, au passage, avec "scène de ménage", j'ai employé le terme "tragique".
4- Après Delarue (Choucroute ?), les accidents de la route ("comparaison n'est pas raison...") n'est pas un bon exemple. Le lobbying des associations a peut être popularisé l'expression "violence routière", mais, sans conteste, se sont le développement des alco-tests, de la présence policière et des radars qui ont contribué à réduire le phénomène.
Citation en provenance du commentaire précédent de isabelle germain:
C'est l'hôpital qui se fout de la charité.
Faut il rappeler qu'il ne s'agit pas uniquement de violences d'un homme sur une femme, mais aussi d'une femme sur un homme, d'un homme sur un homme, d'une femme sur une femme?!! Et oui, les couples homosexuels existent!
A propos, si la victime avait été un homme, de force physique inférieure, et inconnu des médias, un tel article aurait-il été écrit? J'en doute. L'acte aurait-il pour autant été moins grave?
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