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Cafouillage Mis en ligne le 31/01/12 I Rédaction par La rédaction
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Tollé après les propos du numéro 2 du FN évoquant les "IVG de confort" qu'il entend ne plus rembourser. Un discours choquant mais pas nouveau...


Le vice-président du FN, Louis Aliot, s'en est pris lundi 30 janvier dans l'émission "Mots croisés" sur France 2  aux « IVG de confort ». Le compagnon de Marine Le Pen est favorable au « non remboursement d'une IVG non-thérapeutique », estimant qu'en France « tout est fait pour inciter à l'avortement et rien n'est fait pour préserver la vie. »

IVG et confort... la mise en perspective de ces deux termes, a suscité des réactions indignées, même à l'UMP. Sur Twitter, l'ancienne secrétaire d'Etat Nicole Guedj juge ce discours « indigne ». « Il faut vraiment être un sacré abruti pour imaginer qu'une IVG puisse être confortable », s'emporte une journaliste-twitteuse, reprise par la porte-parole de l'UMP Valérie Rosso-Debord.


« IVG de confort », le terme n'est pas pour autant une invention de Louis Aliot. Il est un classique de l'argumentaire des anti-IVG. Comme on peut le lire par exemple sur le site de "la marche pour la vie" : « Quel est le motif majoritaire des statistiques de l'avortement ? "Avortement de confort" (sic) ! Parce qu'un enfant en plus peut perturber le planning des vacances ou contrarier l'achat de la nouvelle voiture... »

A noter, tout de même, qu'on retrouvait aussi cette expression dans un titre du Figaro en février 2009. Le Dr Grégoire Moutel, responsable du laboratoire d'éthique médicale de l'université Paris-Descartes, y estimait : « À l'origine, les indications d'un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd'hui plus de l'ordre du confort ».


Au delà des termes, le principe lui-même du déremboursement inquiète. Et là non plus, ce n'est pas que du Louis Aliot. Dans le projet présidentiel de Marine Le Pen, cette option n'est pas précisée. « Le libre choix pour les femmes doit pouvoir  être aussi celui de ne pas avorter », constitue la seule référence à l'avortement. Mais Marine Le Pen elle-même déclarait en février 2011 dans le journal La Croix : « il faut cesser de rembourser l’avortement. »

Et elle réaffirmait cette position, en termes toutefois plus nuancés, sur Rue89 le 25 janvier. Ce n'est pas une mesure idéologique, assure-t-elle, mais une mesure financière, pragmatique : « s'il y a des choix budgétaires à faire », elle n'hésiterait pas à ne plus rembourser les IVG. Marine Le Pen s'en prenait aussi au Planning familial, un « centre d'incitation à l'avortement ». Louis Aliot n'a fait que pousser un peu plus loin cette logique.

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Commentaires  

 
#3 Lili le Jeudi 02 Février 2012 à 16:33
@Iyly : Les "pro-vie" prennent en compte que la contraception n'est pas fiable à 100 % . Leur "problème" n'est pas la prise de risque mais le fait de ne pas "assumer" le risque en menant à terme une grossesse non désirée, quitte à confier l'enfant à l'adoption si le couple, ou la femme, n'est pas en mesure ou ne souhaite pas l'élever. Du coup pour eux je ne crois pas que ce soit un problème de risque ou de probabilité, mais de principe. Mais je ne m'étendrai pas sur leurs arguments.

Hélas, certains n'ont pas manqué d'évoquer un moindre remboursement des soins aux malades des poumons qui sont d'ex-fumeurs ou des fumeurs actuels... puisqu'après tout "ils savaient le risque qu'ils prenaient"

Et les jeunes hommes ont payé des primes d'assurance plus élevées du fait de leur accidentologie supérieure jusqu'à l'an dernier, où au nom de l'égalité hommes-femmes, on a augmenté les primes de tout le monde. Ce qui revient à faire payer les femmes pour les accidents des hommes, ça c'est de l'égalité !! :cry:

Alors je crains que vos idées provocatrices ne finissent, un jour de réduction des déficits, par prendre forme de propositions... En ce moment, notre système de santé est toujours menacé du pire...

Mais bon il s'agit de Marine et du Front, alors si demain ils doivent dire le contraire d'aujourd'hui (par exemple si tout le monde hurlait contre cette proposition), ils se rétracteraient...démagogie quand tu nous tiens... Mais de fait en dehors d'ici, on n'en a pas beaucoup parlé...
 
 
#2 lyly le Jeudi 02 Février 2012 à 14:38
@ Camo :-)

Je vais être volontairement provocatrice, dans le cas des avortements, les pro-vies hurlent contre les femmes (parce qu'apparemment les bébés se font sans hommes) qui sont irresponsables, qui prennent des risques, ect sans prendre en compte que la contraception n'est pas fiable à 100%

Donc ok on arrête de rembourser les IVG à cause des gens qui ont joué avec les probabilités. Donc dans ce cas, on arrête de rembourser les soins aux diabétiques de type 2, aux malades de MST, aux personnes qui prennent sciemment le volant alors qu'ils sont pas en état de conduire alors qu'ils mettent non pas seulement leur vie en danger et celle d'un fœtus mais de plusieurs autres personnes dont des enfants.

Pourquoi est-ce qu'on fait du chantage aux jeunes filles (alors qu'il faut être deux) alors que jamais on fait ce genre de chantage aux jeunes hommes qui statistiquement sont ceux qui meurent le plus en accident de voiture. Et pourtant il s'agit toujours de vie.

Deux poids deux mesures
 
 
#1 Lili le Mercredi 01 Février 2012 à 09:35
@Camo : Le problème n'est pas là. Des milliers de couples (pro-vie ou pas) sont en attente d'un enfant à adopter et faute d'enfants adoptables en France, se lancent dans l'adoption internationale, avec ce que cela sous-tend (outre la souffrance pour les parents), d'argent plus ou moins opaque (ce qui réserve de fait l'adoption aux couples riches), de trafics,... et du fait que finalement, l'impossible accès des femmes du tiers-monde à l'avortement nous arrange bien, puisque ça permet à nous, riches occidentaux d'adopter leurs enfants... question gênante qu'on évite de trop poser dans notre beau pays.

La question est celle du choix, celle de l'accès à l'information sur la contraception et sur la responsabilité en matière de sexualité, en particulier pour les pères (qui sont souvent absents de ce débat), et pour les jeunes mères.

Remercions Marine de ses propos tellement insultants qu'ils placent le refus de rembourser l'IVG là où il devrait être : dans le domaine de l'inacceptable pratiquée par un parti à côté de la plaque sur à peu près tous les sujets. Nul doute que certains pro-vie vont réfléchir à deux fois avant de continuer à s'assimiler à cette femme et à son parti. Et nul doute qu'elle a perdu quelques voix...tant mieux.
 

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