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Fini "Mademoiselle" dans les papiers administratifs. Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, en charge des droits des femmes, a demandé au Premier ministre François Fillon, mardi, qu’il en soit ainsi. Un simple respect de la loi qui lui vaut des insultes.
La ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, le confirme : il y a deux sexes ! Madame ou Monsieur. Le distinguo "Madame ou Mademoiselle", qui n’a pas d’équivalent masculin, est une « intrusion dans la vie privée, puisque par ce choix on demande à la personne de s'identifier comme mariée ou non mariée », a déclaré la ministre, dans l'émission "Preuves par 3" sur Public Sénat. Roselyne Bachelot a demandé au Premier ministre que le terme "Mademoiselle" disparaisse des documents administratifs. La campagne "La case en trop" menée par deux associations fin septembre a donc porté ses fruits.
Un seul nom : le nom de naissance
Le débat n’est pas nouveau et vise seulement à mettre l’administration en conformité avec la loi. En 1983 déjà, la ministre en charge des Droits des femmes de l'époque, Yvette Roudy, répondait à une question posée sur le sujet (réponse ministérielle n° 5128 du 3 mars 1983) avec des arguments similaires à ceux de Roselyne Bachelot et précisait à propos de Madame/Mademoiselle : « Ces termes constituent un usage qu’aucun texte ne codifie.»
Il en va de même pour le nom d’épouse. Selon la loi, « Aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance ». Ce sont les usages, contraires à la loi, qui ont conduit les femmes à adopter le nom de leur époux. « Seuls des usages abusifs sont la cause des difficultés qu’un grand nombre de femmes éprouvent à faire respecter leur droit », indiquait déjà la ministre en 1983.
Ministre insultée
Evidemment, la déclaration de Roselyne Bachelot, qui n’a pourtant rien de grave, est critiquée avec violence. Il y a d’abord ceux qui pensent que la ministre a mieux à faire... Dès qu’il est question d’égalité entre hommes et femmes il se trouve toujours quelqu’un pour considérer que le sujet est sans importance. Et paradoxalement, c’est le sujet qui recueille le plus de commentaires : une quarantaine ce mercredi sur le Parisien.fr, contre une dizaine pour les autres sujets de la rubrique société du même journal. Et puis il y a les insultes : des jeux de mots sur le nom de la ministre ou sur son physique, qui ne sont pas trop vite effacés des commentaires. Le sujet, pourtant pas bien méchant, fâche beaucoup.
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