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Cafouillage
Mis en ligne le 04/11/11
543 prix littéraires pour des hommes, 104 pour des femmes. L'Observatoire des inégalités constate que « l’égalité est encore lointaine en littérature, comme dans bien d’autres domaines ». La remarque vaut pour les lauréats, les jurys, mais aussi les critiques.
Sorj Chalandon, Alexis Jeni, Emmanuel Carrère, Mathieu Lindon... les prix littéraires récompensent des hommes cette année. Rien de nouveau. Au total, sur 647 prix littéraires (Nobel et prix français) décernés depuis le début du 20e siècle, 104 l'ont été à des femmes. Soit 16 %. Ce calcul a été établi par l'Observatoire des inégalités, jeudi 3 novembre. C'est le prix Goncourt (à égalité avec le dernier-né, le prix Décembre) qui affiche le plus fort taux de testostérone, avec seulement 9 % de lauréates. 11% des Nobel de littérature sont des femmes. C'est le prix Femina qui affiche le plus fort pourcentage de femmes récompensées : 36%. (Voir le tableau ci-dessous). Il faut dire que le jury du Femina, comme son nom l'indique, est féminin. Tandis que les autres sont très masculins. L'Observatoire relève que « l’Académie française, la plus prestigieuse institution culturelle, n’a compté que 7 femmes sur 721 membres depuis sa création (1 %) ; l’Académie Goncourt, 5 femmes membres pour 55 hommes (9 %). » « Sexisme patent » La raison est-elle aussi à chercher en amont ? Les romans écrits par une femme n'étaient que 3 sur les 15 sélectionnés du Goncourt. « Le nombre de femmes auteures éditées a toujours été inférieur à celui des hommes », remarque l'Observatoire des inégalités. Mais, « outre que l’on peut se demander pourquoi (écrivent-elles vraiment moins ou leur production est-elle jugée moins digne d’intérêt ?), c’est de moins en moins vrai aujourd’hui ». D'ailleurs, « le milieu de l'édition regroupe plus de femmes que d'hommes », relevait la sociologue Christine Detrez dans un récent débat (chroniqué par le site ActuaLitté) sur cette vaste question : le milieu littéraire est-il misogyne ? Le monde de la critique littéraire n'est pas exempt non plus de déséquilibres flagrants. En février, ActuaLitté relayait une étude sur l'édition anglophone qui « atteste d'un sexisme patent, que ce soit en Angleterre ou aux États-Unis ». 75 % des livres chroniqués dans « Le Times Literary Supplement» sont écrits par des hommes. Avec 72 % de journalistes masculins pour ces critiques. « Le constat est déplorable, mais se ferait tout aussi bien en France : les chroniques littéraires portent sur des livres écrits par des hommes, et la plupart du temps, chroniqués par des hommes » observait ActuaLitté.
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