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Cafouillage
Mis en ligne le 31/08/11
A l'heure de la rigueur, un think tank US s'en prend à l'évasion fiscale des entreprises. Le quart des grandes compagnies américaines versent moins d'argent au fisc qu'à leurs dirigeants. En 2010, le salaire d'un grand patron équivaut à celui de 325 employés. A la suite du milliardaire Warren Buffet, qui dénonce les exemptions fiscales extraordinaires dont bénéficient les méga-riches comme lui, voici un nouvel élément lancé dans le débat - du côté des entreprises cette fois. Les grandes sociétés et leurs dirigeants « n'ont sans doute jamais dépensé autant d'énergie pour échapper aux impôts », dénonce l'Institute for Policy Studies (IPS), un think tank progressiste de Washington, dans une enquête publiée mercredi 31 août. Et de souligner, perfide, que ces dirigeants sont largement récompensés pour leurs efforts. Ainsi, « l'évasion fiscale des grandes entreprises a pris une telle dimension que 25 des 100 plus grandes sociétés US ont versé l'an dernier davantage d'argent à leurs patrons qu'à l'Etat », rapporte l'Institut. Il faut dire que la rémunération de ces dirigeants n'a pas vraiment souffert de la crise. En 2009, après deux ans de baisse, ils recevaient en moyenne 263 fois le salaire moyen d'un employé. En 2010, leurs salaires sont repartis à la hausse, pour atteindre 325 fois le salaire moyen, revenant presque au niveau de 2007. Une contribution 4 fois moindre qu'en 1945 Certaines constructions fiscales sont certes bénéfiques, reconnaît l'IPS. Il s'agit par exemple de niches favorisant les investissements environnementaux des entreprises. Mais de telles pratiques sont très minoritaires. L'évasion fiscale « pure et simple », en créant des filiales dans des paradis fiscaux, reste la pratique la plus courue (utilisée par 18 des 25 entreprises étudiées par l'IPS). Selon le Sénat US, ces combines coûteraient jusqu'à 100 milliards de dollars par an au budget fédéral. L'Institut calcule qu'en 1945, la fiscalité des entreprises comptait pour 35% des revenus du gouvernement fédéral. En 2010, elle n'y participe plus qu'à hauteur de 9%. Les compagnies pointées du doigt jurent qu'elles ne violent pas la loi, qu'elles opèrent « selon les règles que le Congrès a établi ». Ce qui est vrai. Mais elles ont elles-mêmes contribué à modeler les lois afin qu'elles leurs soient favorables. Les 25 compagnies étudiées ont dépensé l'an dernier plus de 150 millions de dollars en frais de lobbying et en financement de campagnes de politiciens arrangeants. Vingt d'entre elles ont, de fait, davantage dépensé d'argent en lobbying qu'en impôts. LA SELECTION
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